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Deuxième partie.
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BEAUTÉ.

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en France , il ne parait jamais avoir été que le privilège d'un petit nombred’individus; en Orient, il a été de tout temps, et il est encore aujourd’huiporté au plus haut degré, avec une remarquable vigueur.

Cependant il est quelques données fondamentales qui peuvent prévenirl’erreur sans jamais y conduire, et que, par ce motif, nous ne devons paspasser sous silence (1).

Quelques couleurs ont une apparence de fermeté, et d’autres, au con-traire, réveillent en nous l’idée de la faiblesse. Les premières doivent êtreplus particulièrement appliquées sur les éléments essentiels de la construc-tion, sur ce qui constitue l’ossature de l’édifice ; ce sont surtout les couleursfranches, telles que le blanc, le rouge, le jaune, le vert, le bleu. Les secondesdoivent être réservées pour les remplissages ; ce sont les couleurs amorties,quand elles sont peu foncées, telles que les teintes neutres, le rouge indienpâle, les tons faux ou indécis.

Les couleurs claires grandissent les objets, et les couleurs foncées produisentun effet opposé (2). En revanche celles-ci sont plus riches, meublent davantage,reposent mieux la vue, et produisent, si elles sont heureusement combinées,une impression favorable assez difficile à définir : quelque chose comme unsentiment de bien-être. Leur inconvénient est d’être difficiles à éclairer.

Les couleurs franches, les tons heurtés et éclatants rapprochent l’objet duspectateur, et les qualités opposées produisent un effet inverse. Il imported’avoir égard à cette propriété, soit pour maintenir chaque chose à son plan,soit pour faire ressortir les saillies que l’architecture n’aurait pas accuséesavec une énergie suffisante. On comprend d’ailleurs avec quelle mesure il fautagir en pareille circonstance, et combien cette action des couleurs peut devenirnuisible si elle est maladroitement employée.

Autrefois quelques couleurs avaient des valeurs symboliques; c’était à la

(1) On consultera utilement à ce sujet le Traité de M. Chevreul sur le contraste simultané des couleurs.Paris , 1839.

(2) Deux églises du moyen âge offrent un exemple très - frappant de cette influence des couleurset de la lumière : ce sont les églises de Saint-Marc, à Venise, et de Saint-Front, à Périgueux . Ainsi qu’onle verra plus tard, elles ont été construites exactement sur le même plan. La première est très-richementdécorée de marbres, dont le ton général est assez soutenu, et de grandes mosaïques sur fond d’or, etelle est en outre peu éclairée. La seconde est entièrement recouverte d’un badigeon à la chaux et reçoitun jour abondant; l’une paraît petite et l’autre paraît grande. Quand on examine l’une d’elles peu detemps après avoir vu l’autre, on a peine à se figurer qu’elles soient de mêmes dimensions.