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Deuxième partie.
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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.

fois une entrave et un appui pour le décorateur. Aujourd’hui cette conventionne s’applique d’une manière bien formelle qu’au noir, symbole de deuil, etaux couleurs nationales qui, en plusieurs circonstances, doivent servir debase au système décoratif.

Les couleurs ont aussi un caractère indépendant de toute convention. Il enest de gaies, il en est de tristes; quelques-unes disposent à la joie, d’autres àla mélancolie, ou même à une sorte de terreur. On voit à Rome, dans le palaisdu Vatican , quelques salles qui ont été habitées par les Borgia, et avaient étédécorées sous leur inspiration. Elles servent aujourd’hui de dépôts pour labibliothèque ; les murs sont couverts de livres et les voûtes seules sont appa-rentes. Ces voûtes, ornées de figures du Pinturicchio , sont peintes en un bleufoncé que rehaussent quelques filets rouges et de rares dorures. Leur effet estprodigieux; il semble qu’elles vous initient à la vie intérieure de cette hor-rible famille, et qu’elles ont été pour quelque chose dans la conception descrimes et des monstrueuses débauches dont elles ont été les témoins. De mêmeles couleurs tendres, qui dominaient à la cour de Louis XV , étaient en telleharmonie avec les mœurs de l’époque, que mœurs et couleurs se servent pourainsi dire de commentaire réciproque.

En un mot, la couleur exerce sur notre esprit une action morale, dont ilest, sinon impossible, du moins fort difficile de se rendre compte, et qu’ilimporte de prendre en très-sérieuse considération. Il appartient à l’art de tirerparti des précieuses ressources qu’elle met à sa disposition; c’est une forcequ’il est appelé à maîtriser et à faire concourir à ses fins.

Le spectacle de la création, de cette divine architecture, où la nôtre trouvetant à puiser, nous montre partout la couleur, et semble nous inviter à luiconfier nos œuvres pour les animer et les embellir. La coloration se pré-sente donc comme une sorte de complément naturel des formes destinéesà plaire, et alors que nous l’appliquons à profusion sur nos costumes, surnos meubles, sur nos ustensiles, à l’intérieur de nos habitations, il peutparaître étrange que nous nous en montrions aussi parcimonieux sur nos édi-fices. En a-t-il toujours été ainsi? y a-t-il là quelque chose de légitime? Cesquestions s’agitent aujourd’hui dans le monde des arts, nous les exami-nerons brièvement.

Que la couleur soit appelée à intervenir largement dans la décoration inté-rieure de la plupart de nos édifices, cela n’est point contesté, et la pratique uni-