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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
On a trouvé des restes de stuc coloré en jaune sur un grand nombre de co-lonnes construites en pierre à gros grains.
Enfin il résulte de divers passages d’écrivains de l’antiquité que plusieurs édi-fices de la Grèce avaient reçu au dehors une décoration polychrome, et lesruines de Pompéï attestent que cet usage s’était conservé dans les coloniesgrecques, même sous la domination romaine.
On a été plus loin : quelques indices de couleur jaune ayant été découverts endivers points des colonnes et des architraves en marbre blanc des monumentsathéniens, on en a conclu que ces constructions étaient entièrement couvertesde peinture, et la polychromie complète a été présentée comme étant de règledans l’antiquité grecque. Il est certain que si le fait était établi, que si une ma-tière aussi précieuse que le marbre blanc, de nature à produire un aussi boneffet sur l’esprit du spectateur, avait été couverte d’une couche de peinture dansla plus belle époque de l’art, on serait en droit d’affirmer qu’il y a eu à ce sujetdes règles formelles, absolues, et que pas une partie d’édifice n’a pu se soustraireà la coloration.
Mais il n’en est pas ainsi ; le fait dont il s’agit est très-contestable. Les té-moins oculaires sont à peu près en même nombre pour et contre ; si quelquesarchitectes ont vu, d’autres ont cherché inutilement. On sait d’ailleurs quelleest l’action colorante du soleil sur les marbres et même sur un grand nombrede pierres. Il n’était pas nécessaire de les peindre en jaune pour leur voir cettecouleur sous le beau ciel de la Grèce , et l’un des partisans de la polychromie,M. Burnouf, l’a formellement déclaré : « Si les Grecs, a-t-il dit, n’avaient peint» leurs édifices, la nature l’aurait fait pour eux. »
Il est vrai que les assertions contestées peuvent être appuyées par des con-sidérations qui ne sont pas sans valeur. On a dit qu’un marbre blanc éclairépar un soleil ardent a trop d’éclat pour nos yeux; que les Grecs avaient trople sentiment de l’art pour admettre la crudité qui serait résultée de tons fran-chement colorés se détachant sur un fond blanc; qu’il fallait un lien à cestons pour les amortir et donner de l’harmonie à l’ensemble. Et ces observa-tions sont en effet conformes à notre sentiment actuel en matière de coloratfon.Mais rentrent-elles dans celui des Grecs? Il est à remarquer que l’Orient n’a pasnos susceptibilités en ce qui touche à l’éclat ou à la crudité des tons; habituéà la lumière, il n’en paraît pas craindre les exagérations. Combien de ses édificessont peints à la chaux du blanc le plus éclatant, et montrent en quelques points