BEAUTE.
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ùes couleurs franches et vives? S’il a des étoffes à la coloration douce et émi-nemment harmonieuse, n’a-t-il pas aussi ses broderies se détachant crûmentsur des fonds blancs? D’ailleurs, les moulures peintes étaient de petites dimen-sions, et se trouvaient placées à telle hauteur qu’elles n’étaient jamais vues deprès, de sorte que les oppositions de couleurs, si vives qu’elles fussent, ne de-vaient rien y avoir de trop heurté, parce que les rayons se croisaient avantd’arriver à l’œil du spectateur; les fonds des sculptures étaient fort restreints eten partie masqués; et, quant aux triglyphes, qui seuls présentaient des surfacesde quelque étendue, on sait que le bleu, quand il n’est pas foncé, ne tranchepas durement.sur le blanc.
Si, à défaut de preuves matérielles, on veut avoir recours à des inductions,il en est d’une autre nature, qui n’ont certes pas moins de force que les précé-dentes, et qui conduisent à une solution tout opposée. Il est difficile de croireque les Athéniens eussent employé dans leurs constructions de magnifiquesblocs du plus beau marbre, et les eussent mis en œuvre avec la plus grande solli-citude, pour dissimuler ensuite, sous une couche de peinture, le double méritede la matière et du travail. Qu’ils aient peint les fonds de leurs sculptures etquelques moulures essentielles, cela pouvait être une nécessité pour accentuerdes saillies qui ne se seraient pas suffisamment détachées, si l’éclat eût été par-tout; que les triglyphes aient été colorés, c’était une tradition, et il n’y a pointà s’étonner qu’elle ait été respectée ; mais que le peuple qui a eu le sentiment leplus complet des conditions fondamentales de l’art, et qui avait en telle passionla beauté de la matière qu’il a élevé une statue à Byzès de Naxos pour l’inven-tion des tuiles en marbre, ait poussé l’amour de la couleur jusqu’à donner à untemple de marbre blanc, à une construction éminemment monumentale, l’ap-parence que pouvait avoir un édifice exécuté en matériaux grossiers, revêtus d’unenduit, cela paraît moins admissible encore qu’un système de coloration affectéde quelque crudité, défaut très-contestable d’ailleurs, ainsi qu’on l’a vu plus haut.
Les stucs colorés trouvés sur des constructions en pierres communes ne per-mettent d’ailleurs de tirer aucune conclusion en faveur de la coloration desmarbres. Ils établissent seulement le prix attaché à la beauté de la matière dansl’antiquité grecque, et, loin de les détruire, viennent ainsi à l’appui des obser-vations précédentes. Les finesses des détails étaient trop recherchées pourqu on pût laisser en évidence une texture irrégulière, et l’on a dû boucher lescavités désagréables que présentaient certaines pierres. La couleur donnée aua. 11