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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
stuc, le jaune clair, prouve même que l’intention était de rappeler celle de lapierre, de manière à remettre en évidence la matière qu’on était obligé de cou-vrir. Enfin, si dans plusieurs édifices de Pompéi on trouve des colonnes autre-ment colorées, en brun rouge, par exemple, dans une partie de leur hauteur,il ne faut pas oublier que l’art de cette colonie était bien éloigné de la richesseet de la dignité de celui de l’Athènes de Périelès.
Il y a donc lieu à des doutes sérieux, et l’on peut dire qu’il est égalementdifficile d’affirmer et de nier. Eût-on établi d’ailleurs que les anciens monu-ments de la Grèce étaient entièrement peints, qu’on ne serait pas en droit d’enconclure qu’il y a là une sorte de nécessité pour l’art; car il se pourrait que lestirées eussent obéi en cela à des traditions étrangères, qui, puissantes d’abord,auraient fini par être mises en oubli, par suite du développement ultérieurde l’art. La question, si l’on veut en venir à des conclusions applicables ànos édifices, doit donc être posée autrement, et c’est aux principes qu’il fautdemander un enseignement que l’antiquité nous refuse.
Or de nombreuses considérations s’élèvent contre l’emploi de la peinture dansta décoration extérieure de nos monuments :
d° Les qualités de la pierre mise en œuvre exercent une grande et légitimeinfluence sur l’impression que nous éprouvons à la vue d’un édifice; c’est doncse priver d’un élément de beauté que masquer de belles pierres sous une couchede peinture; c’est enlever une bonne partie du caractère monumental;
2° Nos édifices sont exposés à tant de causes de dégradations, que nous de-mandons des garanties de durée à tous ceux auxquels nous attachons quelqueimportance; ces garanties, on les trouve dans la pierre et non dans une pein-ture, surtout dans nos climats, où les agents atmosphériques ont une si grandepuissance de destruction ;
5° Dans un monument complètement peint, la couleur prend une telle im-portance qu’elle pourrait étouffer ou faire négliger les mérites, plus essentiels,mais moins accentués, des détails de l’architecture; l’accessoire éphémère le dis-puterait au fondamental ; l’art s’amoindrirait, perdrait son caractère essentiel,et la décadence serait inévitable et rapide.
C’est donc à la sculpture, art éminemment monumental, et non à lapeinture, qu’il convient de s’adresser pour l’ornementation extérieure desédifices auxquels nous voulons assurer une longue durée; et si l’on juge àpropos de les embellir par la couleur, c’est aux marbres et autres pierres