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Deuxième partie.
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BEAUTÉ. 80

colorées, aux terres cuites émaillées ou non qu’il la faut demander, afin que lafaculté de résistance à l’action du temps ne fasse et ne paraisse faire défaut suraucun point.

Quant aux constructions légères, qui sont exécutées en menus matériaux,protégés par un enduit, elles se trouvent placées dans des conditions toutes dif-férentes. La peinture présente autant de garanties de durée que des ornementsdéplâtré ou de stuc, elle les préserve même, ainsi que l’enduit, d’une destructiontrop rapide, et elle devient par conséquent un élément très-légitime de décora-tion. Elle contribue même, indépendamment des heureux effets qu’elle est appe-lée à produire, quand elle est traitée avec goût, à assurer à ces édifices le carac-tère qui leur convient. Elle est de beaucoup préférable, sous tous les rapports,au système, trop répandu de nos jours, qui consiste à donner à des enduits l’ap-parence de parements exécutés en pierres de taille. Le vrai est aussi essentiel àla décoration qu’à la composition de l’œuvre ; et il a le mérite de conduire na-turellement à la variété qu’on recherche avec juste raison. S’agit-il de construc-tions en pans de bois ou en planches? les couleurs marqueront les ossatures, etles détacheront en vigueur sur les remplissages. Sont-ce des murs uniformé-ment recouverts d’un enduit? la peinture y introduira des divisions plus netteset plus agréables à la vue que ne le peuvent faire des moulures en plâtre.

Cette intervention de la peinture devient surtout nécessaire dans les construc-tions, sans précédents et chaque jour plus nombreuses, dont le fer est l’élémentprincipal- Elle y est pour ainsi dire indispensable comme moyen de préservation,et elle l’est également, au point de vue de l’art, comme moyen d’accentuation.

Il est essentiel, en effet, de faire ressortir avec une grande netteté une ossa-ture qui est énergique au fond, mais qui, réduite à ses seules ressources, pour-rait ne pas le paraître suffisamment, à raison de son peu de volume; or la cou-leur est appelée à y pourvoir. Bien employée, elle donnera de la fermeté partoutoù il faudra , et elle saura fixer convenablement l’attention sur les éléments con-stitutifs de la solidité, en s’épanouissant sur les remplissages à leurs abords, sansconfondre d’ailleurs ce qui doit rester distinct. Ainsi, par exemple, une voûteest formée d’arcs en fer, plus ou moins espacés, entre lesquels s’étend unenduit : la décoration doit faire ressortir ces organes fondamentaux, et elle yparviendra par une couleur franche; mais, si elle s’en tenait là, il y aurait dela maigreur et peut-être de la crudité, et elle évitera ces défauts si elle trace surl’enduit, de chaque côté de l’arc, des bandes d’ornements harmonieux qui