TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
Ri
donneront de l’ampleur et ménageront les transitions. La polychromie paraîtdonc devoir jouer un rôle très-important dans les constructions en fer, et l’onpeut dire que, sous ce rapport, le mouvement inattendu qui a porté vers elle nosplus éminents architectes a quelque chose de providentiel. On a cru faire del’archéologie, on a voulu faire revivre les traditions de l’antiquité, et en réalitéc’est surtout au profit de la rénovation de l’art qu’on a travaillé. Un gage d’af-franchissement se présente où de bons esprits pouvaient redouter de nouvellesentraves et des reproductions plus serviles et moins motivées encore que cellesdu passé.
Quelques mots maintenant, puisqu’elle a été posée, sur la question relative àla peinture intérieure de nos édifices religieux, bien que ce qui précède l’aitrésolue implicitement. Aucune des objections qu’on peut adresser à ce modede décoration, lorsqu’il s’agit de l’employer au dehors, ne trouve en effetson application en pareille circonstance, et rien n’atténue les puissantes con-sidérations qui militent en sa faveur.
A l’abri des actions délétères des agents atmosphériques, l’intérieur d’unmonument ne réclame pas les matériaux résistants qu’exige le dehors; l’ar-chitecture n’a pas besoin d’y donner autant de garanties de durée, et d’ymarquer aussi nettement tous les détails de sa constitution; la peinture nes’v présente plus comme une décoration éphémère, car elle y est aussi durableque les enduits ou les revêtements en bois auxquels elle est appelée cà s’as-socier; la pierre, si bien placée au dehors, parce qu’elle y a sa raison d’être,a quelque chose de froid et de grossier qui choque nos délicatesses, et nousen fait redouter le contact ; malgré ce que le temps vient ajouter à sa cou-leur plus ou moins terne, les ornements sculptés apparaissent au dehors etse détachent nettement quand ils sont éclairés par le soleil, tandis qu’il en esttout autrement dans un intérieur, et surtout dans une église où la lumièreest judicieusement ménagée, et où, dès que la pierre a pris du ton, se per-dent presque toutes les finesses de l’ornementation qui lui a été donnée;enfin, il y a une disparate, qui nous choquerait vivement, si nous n’y étionshabitués dès notre enfance, entre la richesse des vitraux, des autels et dumobilier de la plupart de nos églises, et la pauvreté des parois de pierres noi-râtres, empreintes çà et là de taches d’humidité. Sans cette habitude, quitend à nous faire attribuer un caractère religieux à ce que nous ont présentéles monuments dans lesquels nous avons appris à élever notre âme vers le