PORTIQUES.
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Il est, en dehors de l’Europe et de ses usages, des portiques en arcades, dontnous devons dire quelques mots, quoiqu’ils appartiennent à un tout autrestyle que le nôtre; il s’agit de ceux qui constituent un grand nombre de mos-quées arabes. Indépendamment du mérite de leur disposition, ils ont celuide faire connaître des édifices intéressants, et de donner une idée d’unstyle d’architecture qui s’est illustré par des œuvres très-remarquables, et n’apas été sans quelque influence sur notre art du moyen âge.
Avant Mahomet , le culte religieux, ce grand principe de tout systèmed’architecture, n’était point assis chez les Arabes sur une base solide. Il se res-sentait de la barbare organisation des tribus, variait de l’une à l’autre, et,obligé de se prêter à toutes les exigences d’une existence nomade, étaitcondamné à se passer de ces solides et somptueux édifices qui sont un de seséléments les plus essentiels. Aussi le temple principal des anciens Arabes, celuiautour duquel pivotait la nationalité flottante de toutes ces familles juxta-posées, et sur lequel se concentrait toute l’autorité de l’ancienne religiond’Ismaël, la Kaaba , est plutôt une pierre monumentale qu’une œuvre d’ar-chitecture à proprement parler. Cet édifice simple et rustique, dépourvud’ornements et même assez grossièrement exécuté, n’a que -12 m ,78 de lon-gueur, sur 11"',55 de hauteur. Il subsiste encore, car la nouvelle religionl’a embrassé dans sa tradition, et lui a fait l’accueil que le christianismeaurait pu faire à des constructions juives, au temple de Salomon, parexemple.
Mais à peine la voix du prophète a-t-elle retenti dans leurs déserts, que lesArabes , fortement liés, s’arment pour la propagation du dogme qu’ils ontembrassé avec ardeur, et s’emparent avec une rapidité prodigieuse de l’Asiemineure, de l’Égypte, de tout le littoral de l’Afrique sur la Méditerranée etde l’Espagne . Bientôt on les voit se placer à la tête de la civilisation, etdominer dans les lettres, les sciences et les arts, dont ils n’avaient eu jus-qu’alors que de vagues notions. Ce ne sont point des Barbares; s’ils détruisent,dans l’ardeur de la conquête, ils reconstruisent immédiatement. Ils se mon-trent justes appréciateurs de la forme; ils s’emparent, pour la plier à leurgoût, de celle qui les frappe dès qu’ils sont sortis de leur territoire, et ils luidonnent un lustre nouveau, en l’appliquant, plus ou moins modifiée, à denombreuses et élégantes constructions. L’architecture byzantine prend entreleurs mains un caractère tout spécial, et devient 1 'architecture arabe.
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