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Deuxième partie.
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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.

Mosquée d’Eèn Toulom. Un des plus anciens monuments, venus jusqu’ànous, de cette nouvelle architecture est la mosquée d’Ebn Touloun, au Caire .Elle date de la seconde moitié du ix” siècle (870 à 876), et fut construite parAhmed ben Touloun, fondateur de la dynastie éphémère des Toulounides ,sur le mont Yeckar, qui était consacré par une ancienne tradition. « Ahmed«voulut que sa mosquée fût immense, rapporte l’historien arabe Makrizi ,» et que trois cents colonnes soutinssent les portiques de l’enceinte; mais, sur» la représentation qui lui fut faite, qu’un aussi grand nombre de colonnes«ne pourrait jamais se trouver dans toute l’Égypte , à moins qu’on ne les» enlevât aux anciens monuments et aux églises des chrétiens, ce qu’il ne» permit pas, son architecte s’engagea à construire une mosquée aussi belle« qu’Ahmed pouvait la désirer, et sans aucune colonne, si ce n’est les deux

» colonnes de la Kiblah . Ahmed voulut aussi qu’on n’employât que la

» chaux et la brique pour la construction de l’édifice, sans aucuns matériaux» combustibles; car je veux, dit-il, que si Fostliat (I) périt un jour par» l’eau ou par le feu, ma mosquée puisse résister à ces causes de destruc-« tion. »

La planche 5 donne le plan et une vue intérieure de cet édifice (2). On voitqu’il consiste en une cour carrée, entourée, sur trois de ses côtés, dun por-tique double en profondeur, et présentant un quintuple portique sur le qua-trième. Au centre de la cour, est la fontaine aux ablutions, que recouvre undôme; en \ est le sanctuaire, et en 2 l’escalier qui conduit à la chaire. Leminareh est rejeté en dehors de l’enceinte, en 5; à droite, en 4, sont les la-trines, accompagnement obligé de toute mosquée, et à gauche, en fi, se trouvela citerne. Neuf portes donnent entrée dans la mosquée. Le mur d’enceinte estcouronné de merlons dentelés et découpés à jour, et il est percé de nombreusesfenêtres, ouvertes à même hauteur que celles qui s’élèvent au-dessus despiliers. Ces fenêtres extérieures, destinées plutôt à donner de l’air que de lalumière, sont fermées par des treillis à jour exécutés en pierre calcaire. Autourde la cour, au-dessus des arcades, règne une haute frise, d’un fort bon effet,que couronne un appui richement décoré.

(1) Le vieux Caire .

(2) Ces dessins sont empruntés à l’ouvrage fort intéressant qui a pour titre : Architecture arabe duCaire , par P. Coste.