PORTIQUES.
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Tous ces portiques sont exécutés en briques revêtues d’un enduit , et leursnombreux ornements sont formés de stuc. Ils sont couverts en charpente,malgré l’assertion de Makrizi. Le plancher est disposé en dessous suivant descompartiments réguliers d’un heureux dessin, et il supporte une terrasse.
Ce monument prouve que l’art arabe n’a pas été long à se constituer; car s’ilrappelle en quelques points l’architecture byzantine , les innovations n’y man-quent pas, et le caractère est bien tranché. Deux choses surtout y sont à re-marquer : d’abord les ogives des portiques et de leurs fenêtres, puis les colonnescantonnées dans les angles des piliers et dans ceux des montants des fenêtres,pour recevoir la retombée des arcs. Nous ne connaissons aucun exemple anté-rieur de ces deux formes, qui ont joué un très-grand rôle dans l’architecturedu moyen âge. Ont-elles été imaginées par les Arabes ? Ont-elles été empruntéespar eux à quelque construction qui ne serait pas venue jusqu’à nous? Onl’ignore; mais toujours est-il qu’elles donnent à la mosquée d’Ebn Toulounune valeur très-considérable dans l’histoire de l’art.
Une autre mosquée du Caire , celle d’El Moyed, présente une dispositionanalogue en ce qui est des portiques ; mais celui qui renferme le sanctuairen’est que triple au lieu d’être quintuple en profondeur, et ils sont tous sup-portés par des colonnes enlevées pour la plupart à des édifices antiques ou àdes églises. On n’avait plus au xv e siècle, date de la construction de cette mos-quée, les scrupules qui honorent la mémoire de Ben Touloun.
Ce sont également des portiques sur colonnes qui forment la célèbre etsplendide mosquée de Cordoue . Ils sont simples en profondeur sur trois descôtés de la cour, et la mosquée proprement dite, qui occupe le quatrième côté,n’en compte pas moins de dix-neuf, lesquels sont établis dans une directionnormale à celle de la façade sur la cour, et ont plus de \ 00 mètres de longueur.Mais là, ce n’est plus l’ogive, c’est l’arc en fer à cheval qui réunit les colonnes,et quelques arcades sont découpées en lobes, forme que nos architectures dumoyen âge ont également adoptée.
Commencé en 786, cet édifice, qui avait pour les Arabes d’Espagne le degréd’importance que les Byzantins attachaient à Sainte-Sophie , et que devaitacquérir plus tard Saint-Pierre de Rome aux yeux du catholicisme, a été reôia-nie et considérablement enrichi à diverses reprises, et n’a reçu que sur la findu x e siècle les développements qu’on lui voit aujourd’hui. Ses dimensionshorizontales sont colossales. La mosquée proprement dite a environ \\S mètres