PORTIQUES.
109
opposée. Les figures 1 et 4 de la planche 4 offrent d’intéressants exemplesde cette disposition. Nous avons déjà parlé de la première, qui représenteun édifice situé sur la place de Santa-Maria-Novella, à Florence ; la secondeest empruntée au cloître de l’hospice des Enfants-Trouvés, dans la même ville,lequel est attribué à Brunelleschi , de même que l’édifice précédent. On voitque, dans toutes les deux, l’étage est comparativement bas, est décoré d’orne-ments très-légers, et n’est couronné que par une simple moulure, au delàde laquelle s’avancent les chevrons pour former la corniche. Les ornementsse détachent en gris foncé sur le fond blanc d’un enduit en mortier, modede décoration fort usité à Florence , où il est connu sous le nom de sgraf-fito (I).
La superposition de portiques ne soulève pas de difficultés de principe;mais elle a des exigences auxquelles il importe d’avoir égard. Il faut que lefort porte le faible, conformément à un principe élémentaire de construction,et que les portiques soient de même espèce, si leurs hauteurs ne sont pastrès-différentes, et si les matériaux de construction sont de même nature.
Les motifs de la première de ces conditions sont trop évidents pour qu’ilsoit nécessaire de les développer, et l’on appréciera facilement ceux de laseconde, si l’on se rappelle que les espacements des colonnes et des arcadesdépendent à la fois, entre certaines limites, et de la hauteur des supports etdu système de construction. Toutefois les conséquences à en tirer pourraientne pas être saisies immédiatement, et il ne sera peut-être pas inutile d’entrerdans quelques détails à ce sujet.
Des colonnes superposées, qu’elles soient isolées ou engagées, peuvent êtred’un même ordre d’architecture ou d’ordres différents; et il convient dans cedernier cas de placer toujours l’ordre le plus simple au-dessous du plus riche,afin que la légèreté et la richesse augmentent à mesure qu’on s’élève. Ainsi,au-dessus d’un portique d’ordre dorique, pourra s’établir un portique appar-tenant soit au même ordre, soit à l’ordre ionique, soit à l’ordre corinthien.Il faut en outre, pour éviter un porte-à-faux, qui produirait un fort mauvaiseffet par cela même qu’il serait irrationnel, que le diamètre à la base de lacolonne supérieure soit tout au plus égal à celui du sommet de la colonne
(1) Il s exécute très-simplement, en couvrant un enduit coloré d’une mince couche de chaux, qu’onenlève ensuite partout où l’exige le dessin adopté.