PORTIQUES.
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réclame le plus de hauteur, et il convient de satisfaire à cette condition d’unemanière évidente. On y parvient en plaçant des piédestaux sous les colonnesde l’étage qui paraîtrait trop bas. Les corniches de ces piédestaux s’établis-sent habituellement de niveau avec les appuis des fenêtres ou avec les ban-deaux qui couronnent les balustrades, de manière à motiver en quelque sorteces adjonctions, et à maintenir l’unité de composition.
Si l’on donnait aux bases des colonnes supérieures et à celles des piédestauxqui les supportent les saillies qu’on leur assignerait en toute autre position,on serait encore conduit à un porte-à-faux, non plus de la colonne, mais dupiédestal et surtout de sa base. On diminue cet inconvénient, si on ne le faitentièrement disparaître, en réduisant autant que possible les saillies de cesdeux bases, et en supprimant même complètement la dernière. Les piédestauxdes colonnes ioniques du théâtre de Marcellus à Rome (pl. 6, fig. I et 2) étaientainsi disposés. Les bases qu’ils supportent sont, il est vrai, plus saillantes qu’iln’était rigoureusement nécessaire, mais il est à remarquer qu’étant appli-quées contre des pieds-droits, les colonnes ont pu être établies en retraite,et qu’on a évité de cette manière ce que le porte-à-faux aurait eu de plus cho-quant. A l’amphithéâtre de Nîmes , où l’on n’a pas eu égard à ces convenances,l’effet produit est peu satisfaisant sous ce rapport, ainsi qu’on peut le juger àl’inspection des figures S et 6 de la même planche.
On remarquera que, dans ces deux monuments, comme au Colysée (pl. 59-)et dans la plupart des amphithéâtres des Romains, les piédestaux ne sont pascompris dans l’étage auquel ils appartiennent au dehors. Le sol de chaqueétage est établi, non pas à hauteur de la corniche inférieure, mais au niveaudes bases des colonnes. Cette disposition, qui n’est pas très-recommandableen principe, a été sans doute adoptée parce qu’elle permet de couvrir les gale-ries par des voûtes en berceau continues, et d’éviter ainsi les voûtes d’arêteannulaires, dont les formes compliquées ne sont pas heureuses, et ne seprêtent pas à une grande rapidité d’exécution.
Lorsque deux portiques superposés sont à peu près de même hauteur, ilconvient évidemment de leur donner même disposition générale; c’est le partiqui se présente le plus naturellement à l’esprit, et qui assure le plus d’unitédans la forme. Il ne s’oppose nullement d’ailleurs à une grande diversité dansles caractères, puisque toute disposition admet les expressions les plus variéesde vigueur et de richesse. A un portique très-simple et très-ferme, on en peut