Band 
Deuxième partie.
Seite
112
JPEG-Download
 

112

TRAITÉ D’ARCHITECTURE.

superposer un qui soit de la plus grande légèreté et de la plus riche ornemen-tation; on n’est limité à ce sujet que par la crainte de disparates trop pro-noncées. On ne pourrait pas d’ailleurs adopter la plate-bande pour l’un et l’ar-cade pour l’autre, puisque ces deux modes de construction n’admettent pasles mêmes espacements; les colonnes seraient trop espacées, ou les arcades tropserrées.

Mais il n’en serait pas de même si, le portique inférieur étant exécutéen pierre, le portique supérieur était formé de matériaux, tels que le bois oule fer, permettant des points d’appui plus espacés que n’en admet la pierre.Dans ce cas, des colonnes réunies par des entablements pourraient êtretrès-convenablement superposées à des arcades; la construction serait ration-nelle, et notre goût ne repousse jamais en principe ce que justifie notre intelli-gence.

On trouve, en Italie , un grand nombre de dispositions de ce genre, quiproduisent un excellent effet. Dans le palais du Vatican , au-dessus des por-tiques décorés par Raphaël, lesquels sont formés d’arcades avec pieds-droitsdécorés de pilastres, est un portique fort élégant, qui est composé de colonnesélevées à l’aplomb des pilastres inférieurs, et surmontées d’un entablementen charpente. Cette charmante composition est due au grand peintre lui-même. Le même parti a été adopté, avec des formes plus simples, dans plu-sieurs couvents de la même contrée. Les cours de ces édifices sont entouréesd’arcades reposant sur des colonnes, au-dessus desquelles s’élèvent d’autrescolonnes, plus petites, simplement réunies par une architrave en bois, quecouronnent, en la dépassant, les chevrons de la toiture. La figure 6 de laplanche 4 offre un exemple de cette disposition appliquée à une petite maisonde campagne des environs de Florence .

Il faut reconnaître du reste que ce sont des convenances d’ordre moral bienplutôt que des convenances matérielles qui dominent dans la question. Quandun portique à plates-bandes est superposé à des arcades, les espacements deses points d’appui ne sont pas trop grands d’une manière absolue, ils ne lesont que comparativement à la hauteur et au diamètre des colonnes. C’estplutôt un défaut d’harmonie qu’ils accusent, qu’une absence réelle de soli-dité. A côté de cet édifice, où les colonnes paraîtraient trop espacées, pourraits’en trouver un autre où les espacements seraient en réalité plus considéra-bles, et produiraient cependant un effet diamétralement opposé. Aussi avons-