PORTIQUES.
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nous restreint la portée du principe général énoncé plus haut, non-seule-ment au cas où les matériaux de construction sont de même nature, maisencore à celui où il n’y a pas une différence très-prononcée entre les hau-teurs des portiques superposés. Si l’on n’était pas placé dans cette dernièrecondition, les considérations précédentes conduiraient à associer des por-tiques d’espèces différentes, en adoptant les arcades pour celui du bas et lesentablements pour l’autre. Les deux palais qui décorent la place de la Con-corde, à Paris (pl. 7), offrent un intéressant exemple de cette disposition.
Gabriel, l’architecte auquel ils sont dus, portait le sentiment de l’art à untrès-haut degré, et avait fort bien compris qu’il fallait, sur cette vaste place,une architecture accentuée et imposante. Il s’était arrêté à l’idée de placer ungrand portique au premier étage de chacun des édifices; et il avait reconnuen outre la nécessité d’en établir un autre au rez-de-chaussée, pour servird’abri aux promeneurs surpris par la pluie. Ces points de départ adoptés,la disposition des portiques s’ensuivait nécessairement; le portique inférieurdevait être formé par des arcades, et l’autre, par des colonnes. Les hau-teurs étant très-inégales, on ne pouvait en effet mettre des colonnes au rez-de-chaussée, car elles eussent été écrasées par celles du haut, et eussent paru tropespacées, tandis que des arcades eussent été beaucoup trop étroites au rangsupérieur ou trop larges dans le bas, si l’on avait voulu en placer dais lesdeux portiques. Gabriel ne se dissimula pas d’ailleurs les difficultés du sys-tème qu’il avait dû adopter, et il s’appliqua à les surmonter.
Les pieds-droits de ses arcades devaient présenter beaucoup de vigueur,pour paraître en état de supporter les grandes colonnes du portique supé-rieur; mais il ne pouvait les tenir larges, sous peine de rendre les ouverturestrop étroites : il leur attribua, au moyen de refends énergiques, la fermeté qu’ilne lui était pas permis d’obtenir par les proportions, et il eut soin d’ailleursd’associer des ornements d’architecture à ces refends, afin d’établir une har-monie convenable dans la décoration des deux parties principales de l’œuvre.Le portique supérieur est très-élevé, il embrasse deux étages dans sa hau-teur; et cependant les colonnes qui le constituent paraissent un peu tropespacées, eu égard à leur diamètre, et l’on est en droit de penser qu’elleseussent été plus rapprochées, si l’architecte n’avait craint de resserrer lesarcades outre mesure. Ces portiques pouvaient donc avoir pour effet d’enleveraux édifices le caractère monumental qu’on voulait leur attribuer, et qui était
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