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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
l’Assomption, etc. M. Didron (I) n’a pas compté moins de 1814 statues dansles porches de la cathédrale de Chartres .
Nous reviendrons nécessairement sur ce sujet en parlant des cathédrales;nous nous bornerons à ajouter ici que, si ces sculptures n’ont pas la noblesseet l’élégance de formes qu’on admire dans celles du siècle de Périclès , ilen est beaucoup cependant qui sont d’un fort beau style, et dont les expres-sions naïves, touchantes et religieuses au plus haut degré n’ont point d’ana-logues dans l’antiquité. Elles n’abondent pas dans l’histoire de l’art, les inspira-tions plus heureuses et dont on ait su tirer un meilleur parti. Malheureusementla décadence de l’architecture ogivale a été prompte à se manifester, et cessplendides créations étaient tombées dans la maigreur et l’insignifiance lorsquela Renaissance s’est produite.
Le moyen âge ne s’en est pas tenu là d’ailleurs en fait de porches; ceuxdont nous venons de parler sont quelquefois précédés de constructions plusétendues, ouvertes sur toutes leurs faces. Telle est la disposition adoptée pourles porches latéraux des cathédrales de Chartres et de Bourges , et pour ceuxde la façade principale dans les cathédrales de Noyon, de Laon , dans l’églisede Saint-Germain-l’Auxerrois à Paris , etc. Quelquefois aussi le clocher s’élèveau milieu de la façade, et sa partie inférieure est disposée de manière à formerun porche qui donne entrée dans la grande nef, ainsi qu’il se voit à l’églisede Saint-Germain-des-Prés, à Paris (xn c siècle), et aux cathédrales de Tulle,de Fribourg, etc. Il y a, près de Bourges , une petite église de village danslaquelle un porche de ce genre produit un excellent effet, bien qu’il soitétabli dans les plus modestes conditions. Le terrain est élevé, aux abords del’édifice, à quelques mètres de hauteur au-dessus d’un petit cours d’eau quise retourne brusquement en cet endroit, pour se prolonger, dans l’axe del’église, sur une certaine longueur. Le clocher s’appuie sur le mur de soutène-ment des terres, et le porche qu’il surmonte a deux entrées latérales et unelarge ouverture, fermée par un appui, sur la face tournée vers le ruisseau;de sorte qu’en sortant de l’église les regards plongent sur la longue et riantevallée, à laquelle l’arcade romane forme un heureux encadrement. C’est ainsiqu’il appartient à l’architecte de mettre à profit les dispositions locales poul-ies rattacher à son œuvre.
(1) Iconographie chrétienne.