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Deuxième partie.
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TRAITÉ D'ARCHITECTURE.

Le même goût a dominé chez les nations modernes, jusqu’à une époquefort rapprochée de nous. Dans les célèbres jardins de l’Italie , dans ceux denos châteaux de la Renaissance, on retrouve toutes ces dispositions admiréespar les Romains , et quelques autres encore appartenant au même ordred’idées. La symétrie y domine, et la nature y est complètement subordonnéeà l’art. Ce sont des constructions variées, des escaliers, des colonnes, desbalustrades, des statues, des obélisques, des bancs, des grottes, des bassinsde marbre, des jets d’eau, des canaux d’une régularité parfaite; mais lavégétation ne s’y montre qu’à condition de se dépouiller de ses formes natu-relles. Sous le ciseau habile et vigilant du jardinier, les allées deviennentdes passages régulièrement voûtés, les rangées d’arbres se convertissent enarcades, les feuillages touffus engendrent des surfaces planes, les arbustesprennent la forme de vases, d’obélisques ou de statues, la charmille dessinedes labyrinthes, et les parterres se couvrent de broderies diversement nuan-cées, où la fleur n’est plus qu’un insignifiant détail étouffé par le buis et lessables colorés. Que des jardins tracés dans ces étranges conditions puissentproduire de grands effets, on ne saurait le nier, et l’on pourrait citer commeexemples ceux de la Villa d’Este à Tivoli, de la famille Borghèse à Rome , desAldobrandini à Frascati, de Boboli à Florence ; mais il faut tout autre chosepour qui a le sentiment des beautés de la nature.

Notre dix-septième siècle lui-même, si grand sous tous les rapports, n’apas su trouver, pour ses jardins, ce cachet de vérité qu’il a imprimé à sonarchitecture. Toutefois on peut dire qu’il a fait le premier pas dans la voieque nous parcourons aujourd’hui. C’est à tort qu’on a donné le nom de fran-çais aux jardins dont il s’agit; il serait plus juste de les appeler italiens, carc’est à l’Italie que nous les avons empruntés. Loin d’avoir été imaginés par LeNôtre , comme on le suppose généralement, c’est sous l’influence de ce célèbrejardinier qu’ils se sont modifiés et se sont empreints d’un nouvel esprit. Lesjardins de Versailles, son œuvre capitale, présentent sans doute quelque excèsde régularité, et de nombreuses formes de détail prêtant à la critique; mais cesdéfauts disparaissent devant l’ampleur de la conception, la variété des disposi-tions secondaires, et l’importance donnée aux massifs dans lesquels la végétationse développe en toute liberté. On doit y remarquer en outre l’habile gradationqui conduit, depuis le parterre symétrique de la terrasse, jusqu’au dehors duparc, et fait entrer dans la composition la campagne environnante, dont aucune