Band 
Deuxième partie.
Seite
159
JPEG-Download
 

JARDINS.

159

ondulé et un horizon d’une certaine étendue. Us repoussent également leslignes droites et celles qui sont contournées outre mesure. S’ils font large partà la fantaisie, ils ne lui permettent point de tomber dans l’absurde ; et unehaute raison, un art exercé se cachent sous des formes qui paraissent toutesnaturelles.

Dans ce nouveau système, le caractère à donner à la composition est lepremier point que doit examiner l’architecte chargé de tracer un grand jardin.Ce caractère devra différer de celui de la campagne environnante ; car l’hommeaime le changement, et est toujours disposé à apprécier plus particulièrementles biens dont il est privé. Dans un pays plat, on s’attachera à donner dumouvement au terrain; dans une contrée montagneuse, on recherchera leslongues plaines; si le pays est aride, les eaux produiront plus d’effet, etdevront obtenir plus de place que si elles étaient abondantes au dehors ; oùles rochers sont rares, il faut les faire intervenir largement dans le paysage,et où ils sont très-répandus, il convient de les repousser; la végétation duparc ne doit point être celle des alentours; partout, en un mot, il faut desoppositions. Mais il faut aussi qu’elles n’aient rien de trop heurté, qu’ellesne deviennent point de choquantes disparates, que toutes choses soient ame-nées par d’habiles transitions, que rien n’annonce l’apprêt et le parti pris.

Chaque endroit d’ailleurs a ses convenances agricoles spéciales, dont il n’estpoint permis de faire complètement abstraction. Puis un des principaux pré-ceptes de l’art, et il est admirablement appliqué en Angleterre, consiste àenglober, pour ainsi dire, dans le jardin toute la campagne que l’œil peut décou-vrir, à s’approprier les environs, et l’on n’y peut parvenir si l’on n’a main-tenu le parc en une certaine harmonie avec eux, malgré la diversité des carac-tères. On s’assure cette appropriation en évitant de marquer les limites de lapropriété dans les directions, préalablement déterminées, où la vue pourras’étendre sur la campagne, c’est-à-dire en remplaçant les murs de clôture pardes fossés, et en rattachant habilement les dernières plantations du parc àcelles du dehors. Quelquefois même on agit sur celles-ci, et l’on dispose dansle lointain quelques groupes d’arbres ou de prairies, qui sont destinés à rap-peler ceux des premiers plans, et à concourir à l’agrément du paysage. Unruisseau serpente-t-il sous les ombrages du jardin? il se poursuit au dehors,et, s’il y est trop encaissé pour être en vue, son cours est indiqué par desplantations semblables à celles qu’il baigne dans la propriété. Les chemins