JARDINS.
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face, sera détestable s’il doit se renfermer en d’étroites limites. C’est lanature qu’on veut imiter, et elle a ses dimensions aussi bien que ses formes.Il faut respecter les unes et les autres. N’ayez qu’une pelouse et quelquesmassifs d’arbres, si votre enceinte n’admet pas davantage; vous produirez meil-leur effet qu’avec des formes plus compliquées. Les divisions multipliées condui-sent au mesquin. Qu’il y ait de l’ampleur dans vos conceptions, si vous voulezplaire aux esprits éclairés, et vous assurer les suffrages des hommes de goût.
Le bois de Boulogne (pl. 15, fig. 2), cette promenade, autrefois si sècheet si monotone, montre aujourd’hui jusqu’où peut atteindre l’art de la compo-sition des jardins (1). La transformation a été complète; un admirable paysagea remplacé, comme par enchantement, le plus triste parc que jamais capitaleait offert à ses habitants. C’est que les principes qui viennent d'être posésy ont été admirablement appliqués. Tout y a été judicieusement et grande-ment conçu, et tout y semble naturel.
Les allées étaient droites : elles se sont infléchies à grands traits sur toutela largeur que réclame la circulation des voitures, et sont accompagnéesde sentiers ombragés, qui semblent tracés par les piétons, comme ceux desgrandes routes ouvertes à travers les forêts. La vue était bornée : elle s’étenddans diverses directions, et le parc n’a pour limites, du côté de la Seine , queles riants coteaux de Suresnes, de Saint-Cloud et de Meudon . Les plantationsétaient uniformes, également distribuées dans toute l’enceinte : elles sontvariées, et le bois est parsemé de charmantes prairies qu’animent des ani-maux aux formes élégantes. On voulait de l’eau, et avec raison : elle y estsuffisamment abondante, et s’étend en cascades, en larges nappes et en ruis-seaux mollement ondulés. Il fallait des rochers, car il n’y en a point auxalentours : la plupart se montrent à fleur de sol, ne prennent du développe-ment qu’aux endroits où l’action naturelle des eaux a pu entraîner les terresqui les recouvraient, n’ont rien d’apprêté dans leurs formes, et semblent serattacher à un massif invisible.
Sans doute le même esprit ne se retrouve pas partout, quelques détails
(l) Renvois du plan : 1, porte Maillot ; 2, porte Dauphine ; 3, porte de la Muette ; U, porte de Passy ;5, porte d’Auteuil; 6, porte de Boulogne; 7, porte de Saint-Cloud; 8, porte de Madrid; 9, 9, fortifi-cations de la ville; lo, 10, lacs; 11, il, rivières; 12, cascade; 13, parc aux biches; 1Z|, parc d’ac-climatation, 15, Hippodrome; 16, Seine ; 17, pré Catelan ; 18, 18, anciennes allées du bois; 19, châteaude Bagatelle.
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