TRAITÉ D'ARCHITECTURE.
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peuvent laisser à désirer, l’affectation a pu se faire jour en un petit nombrede points; mais l’ensemble n’en souffre pas, et il y aurait mauvaise grâce àtrouver une place pour la critique où il en a été fait une si large à l’admiration.
Mais quels que soient la valeur des considérations qui ont donné naissanceaux jardins -paysages , et les agréments dont ils sont susceptibles, il n’enfaudrait point conclure que les jardins réguliers dussent être abandonnés etcondamnés à ne trouver place désormais que dans l’histoire de l’art. Ils ontde sérieuses raisons d’être en plusieurs circonstances, et ils peuvent êtreimpérieusement commandés par des convenances faciles à apprécier. Qu’unjardin de dimensions restreintes soit annexé à un palais, ne serait-ce pointune faute de goût que ne pas l’y rattacher par ses lignes principales? N’yaurait-il pas quelque chose de choquant à lui voir des formes capricieuses,alors qu’il est encadré ou dominé par l’ordonnance régulière de l’édifice?L’esprit de l’homme ne doit-il pas se faire sentir aussi bien sur la dépen-dance que sur le principal, et écrire en termes harmonieux le lien qui lesunit? Le jardin du Palais-Royal ou ceux qui accompagnent les ailes duLouvre, par exemple, produiraient-ils un bon effet, s’ils ne participaient ducaractère de ces monuments? Et il en est de même des jardins aux abordsdes palais et des grands châteaux dont l’architecture est sévèrement ordonnée.Il y a défaut d’harmonie, à associer immédiatement les formes libres dela nature à celles que le génie de l’homme a enfantées dans un esprit dia-métralement opposé. Il faut une transition entre ces choses. On ne peutadmettre que la main qui a élevé la construction ne se soit pas étendue pourdisposer à sa guise les plantations voisines. La plus charmante compositionagreste qu’il soit possible d’imaginer, ne s’associerait pas aussi bien au châteaude Versailles que ce parc si plein de majesté, avec ses belles terrasses, ses largesavenues et ses longues perspectives. Que le jardin se rattache donc à l’édificeà l’endroit où il s’appuie sur lui, qu’il en poursuive les principales lignes àcertaine distance, et qu’il n’arrive que par gradations, habilement ménagées, àces formes agrestes, qui ont pour principale condition de beauté d être à leurplace, et de paraître naturelles. Il ne s’agit, ni de sacrifier la nature à l’art,ni de sacrifier l’art à la nature, mais de faire à chaque chose la part qui luiconvient.
Les lignes droites, les formes géométriques seraient au contraire déplacéesdans le jardin, si la construction, [conçue dans un tout autre esprit, se mon-