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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
files d’écoliers qu’on rencontre parfois dans nos promenades, des figurespâles et souffreteuses de la plupart d’entre eux? C’est au manque d’exerciceet plus encore peut-être au défaut d’air pur qu’on doit l’attribuer, et s’il yavait à s’étonner d’une chose, ce serait de voir ces enfants résister aussi bienau détestable régime qui leur est imposé.
Pendant la nuit, ils sont entassés dans des dortoirs qu’on ferme le plushermétiquement possible en hiver, où il est rarement alloué à chacun d’euxplus de 20 mètres cubes d’air, et où brûlent constamment une ou plusieurslampes plus ou moins fumeuses. Pendant la majeure partie de la journée,ils sont enfermés dans des salles d’étude ou dans des classes, où l’air ne serenouvelle pas, et où le chauffage, fort mal réglé, tantôt insuffisant, tantôttrop fort, se fait dans des poêles en fonte, qui dessèchent l’air, et lui don-nent souvent une mauvaise odeur. Leurs réfectoires surtout exhalent cetteodeur sui generis , nauséabonde au haut plus degré, provenant de tous lesmiasmes qui s’y accumulent et y fermentent, et qu’on se rappelle avecun profond dégoût longtemps après avoir quitté les bancs. Nous ne parlonsni des exhalaisons des cuisines ou des lieux d’aisances, ni de l’humiditédes salles du rez-de-chaussée, ni des cours étouffées dans lesquelles le soleilne pénètre qu’à de rares intervalles. Tous ceux qui ont passé dans les col-lèges ou dans les pensions de Paris quelques-unes de ces années d’enfance,qui devraient être si belles, savent à quoi s’en tenir là-dessus.
Il faudrait à ces établissements, d’abord plus d’espace et de meilleures dis-positions, puis une ventilation très-complète. Imposer la première de cesconditions serait difficile, eu égard à l’élévation de la dépense, et n’est pra-ticable que pour les créations nouvelles; mais il ne serait pas très-dispen-dieux de donner satisfaction à la seconde, et ce serait une améliorationconsidérable. Si l’administration de l’instruction publique donnait l’exempledans ses collèges, elle pourrait l’imposer ensuite à tous les autres ; le bienfaitserait promptement réalisé, et bientôt même les économies obtenues sur lechauffage prouveraient qu’il n’a rien eu d’onéreux.
Il semble que le système le plus convenable consisterait en chauffage àl’eau et à la vapeur, et en ventilation par mécanisme et insufflation. Lesdétails dans lesquels nous sommes entré précédemment montrent commentdevraient être disposés les appareils de chauffage et les orifices d’entrée etde sortie de l’air, dans les différentes salles.