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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
une fosse rendue parfaitement étanche reçoit les matières ; elle est quelquefoismunie d'un appareil diviseur qui sépare les liquides des solides; elle est munied'un tuyau d’évent qui s’élève, parallèlement au tuyau de chute, jusqu’au-dessus des combles; dans les cabinets d’aisances des habitations bien tenues,le siège est établi sur une cuvette en porcelaine fermée à sa partie inférieurepar une bascule qui s’ouvre pour donner passage aux matières; enfin enmême temps que la bascule, s’ouvre un tuyau, en communication avec unréservoir supérieur, d’où s’échappe assez d’eau pour nettoyer la cuvette etmême pour recouvrir la bascule, dès qu’elle est fermée, d’une couche dequelques centimètres d’épaisseur. La fosse est rendue étanche, afin de pré-venir des infiltrations de nature à infecter le sol et à vicier l’eau des puits;la séparation des matières prévient en partie la fermentation, rend l’odeurmoins infecte, permet, dans l’état actuel des choses, de verser les liquides,après les avoir désinfectés, sur la voie publique, d’où ils se rendent dans leségouts; le tuyau d'évent est destiné à établir une ventilation avec le tuyaude chute, et à emporter dans l’atmosphère les gaz qui se produisent dans lafosse; le système de cuvette est conçu de manière à intercepter autant quepossible toute communication entre la fosse et les appartements, et à per-mettre de tenir le cabinet avec la plus grande propreté, de telle sorte qu’iln’ait par lui-même aucune odeur. Ces dispositions sont assurément ingé-nieuses, et elles constituent un immense progrès sur ce qui existait autre-fois, à Paris , et existe encore aujourd’hui dans la plupart de nos villes deprovince; mais sont-elles entièrement satisfaisantes? il est permis d’en douter.
Il y a d’abord un fait capital qui domine tout le système, et donne largeprise à la critique : c’est l’existence des fosses, de ces réservoirs placés aucentre de nos habitations, dans lesquels viennent s’accumuler les matièresles plus infectes, quelquefois pendant des années. Quoi qu’on fasse, leursodeurs pénètrent toujours plus ou moins dans nos habitations, et d’ailleurs,lorsqu'on les vide, elles empestent non-seulement la maison, mais tout lequartier, et l’aspect de la ville se trouve déshonoré par les hideuses voi-tures de vidange qui circulent dans les rues. Un autre vice de ce système,et il est considérable, est de condamner des hommes au métier le plusignoble et le plus dégoûtant. Sans doute il n’y a pas d’autre parti à prendredans les habitations isolées, et même dans les petites villes; et l’on conçoitque la ville de Paris se soit contentée d’abord d’améliorer l’état de choses