Band 
Deuxième partie.
Seite
211
JPEG-Download
 

TEMPLES .

211

plus célèbres sont postérieurs à la plupart de ceux de l’Égypte . Mais ilssont à bien plus grande distance de nous, plus encore par leurs formes et l’es-prit dont elles témoignent, que par leur position géographique, et peut-êtredevrait-on les passer entièrement sous silence, dans un ouvrage de la naturede celui-ci, tant ils sont en dehors de notre tradition et de nos goûts. C’est leurimportance, au point de vue de la grandeur de conception et de la quantitéde travail exécuté, qui nous engage à en dire quelques mots.

Les excavations d’Ellora sont les plus remarquables monuments de ce genreque nous connaissions. Elles sont très - nombreuses, sont de formes et dedimensions extrêmement variées, et se développent sur près de deux lieues delongueur, creusées dans un rocher de porphyre compacte. Le Kêlâça,temple dédié à Siva, est la plus prodigieuse de toutes. Il consiste en unegrande cour, entourée de portiques sur trois de ses côtés, au milieu delaquelle s’élèvent un temple à cinq nefs, six chapelles, des ponts, des espècesd’obélisques et deux éléphants colossaux. Cette cour, d’environ 80 mètresde longueur sur 50 mètres de largeur, a été entièrement excavée sur une pro-fondeur moyenne de près de 50 mètres, et les portiques, le temple, leschapelles, les ponts, tout ce qui s’y trouve, en un mot, a été réservé dansce travail, pour être ensuite taillé et creusé à son tour. Tous ces édificesséparés forment en réalité un monolythe de porphyre. La matière est d’uneextrême dureté, et cependant toutes les surfaces sont couvertes de sculp-tures, très-contournées pour la plupart et d’un relief très-prononcé. Ce sontdes pilastres, des consoles, des feuillages, des sujets empruntés à la mytho-logie indienne, des figures de dimensions colossales, et leur exécution prouveun art avancé, malgré ce qu’il y a de bizarre ou même de monstrueux dansquelques formes. Certes un pareil travail a dû exiger les efforts de plusieursgénérations, et devait exercer une puissante action sur l’esprit des Indous.

Quelques pagodes commandent également l’admiration. Telle est celle deChalembron, sur la côte de Coromandel. Trois chapelles accolées occupent lecentre d’une cour rectangulaire entourée de portiques. Cette cour est placéedans une enceinte présentant, sur trois de ses côtés, un double rang de porti-ques superposés, et ouverte par le quatrième sur une autre enceinte qui ren-ferme plusieurs constructions. Au centre de cette dernière est une vaste piscineaux ablutions, encore entourée de portiques; à gauche, sont trois oratoires,dont l’un ne compte pas moins de cent colonnes, et qu’accompagne une