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Deuxième partie.
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TEMPLES .

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dehors des talus prononcés, gages et symboles de stabilité. Il y avait mêmedes temples monolithes (1).

L’ornementation n’est pas moins remarquable que la construction propre-ment dite, et participe du même caractère : elle est riche et monumentale.Elle consiste surtout en inscriptions hiéroglyphiques et en bas-reliefs repré-sentant des scènes historiques ou religieuses, et elle est animée par de bril-lantes couleurs qui viennent s’associer harmonieusement à la sculpture étajouter à son effet. La plupart de ces ornements sont taillés en creux à l’ex-térieur des édifices, afin de donner peu de prise à l’action destructive desagents atmosphériques, et ne sont en saillie que dans les intérieurs oùpareille précaution n’était pas nécessaire. Ils couvrent des murailles en-tières, circulent sur les frises, et envahissent quelquefois jusqu’aux fûts descolonnes. Des statues colossales d’hommes ou d’animaux se dressent dansles vestibules ou au devant des façades, et des avenues de sphinx d’énormesdimensions conduisent aux grandes portes d’entrée. Il y a là un art puis-sant, original, obéissant partout à la même pensée, à la fois austère etluxueux, et parlant fortement à l’imagination quoique sévèrement ordonnédans toutes ses parties. Mais une qualité essentielle lui fait complètementdéfaut : c’est, comme dans l’Inde , la liberté. Les formes consacrées y sontdominantes; il n’était point permis à l’artiste égyptien d’obéir à son inspira-tion , un cercle étroit et infranchissable lui était tracé par une caste sacerdo-tale, qui avait décrété l’immobilité. Sans doute la pensée trouve toujours à sedégager quelque peu des liens qui l’enserrent, et l’on découvre différents stylesdans l’art de l’Égypte ; il a eu, comme les autres, ses époques de grandeur etde décadence; mais les signes des temps ne sont point faciles à y reconnaître,et l’on peut appliquer à l’architecture ce que Platon disait de la peinture :que la politique des Égyptiens la maintenait sans altération et sans progrès.

Strabon nous a laissé une description des temples égyptiens , dont l’exacti-tude est attestée par tous ceux de ces monuments qui sont encore assez

(l) Hérodote cite, entre autres, un temple de Saïs, qui avait été creusé dans un seul bloc de granité, devingt et une coudées de longueur sur quatorze de largeur et huit de hauteur ; et ce bloc ne s’était pastrouvé sur place, on l’avait tiré des environs d’Éléphantine ; deux mille hommes avaient été employéspendant trois ans à son transport. Le même historien parle aussi de la surprise qu’il éprouva à la vue dutemple de Latone, à Buto : a il est d’une seule pierre, dit-il, en longueur et en hauteur; ses côtés sontégaux. Chacune de ses dimensions est de quarante coudées. Une autre pierre, dont les rebords sont dequatre coudées, lui sert de couverture. »