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Deuxième partie.
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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.

horizontal. Pour relier les colonnes les unes aux autres, l’architecture clas-sique voulait des entablements, et tel fut le système adopté dans quelquesbasiliques, telles que celles de Saint-Pierre, de Sainte-Marie en Transtévère et de Saint-Laurent hors les murs; mais les entablements ne pouvaient setraiter comme les colonnes : il était beaucoup plus difficile d’en admettre detoutes formes et de toutes hauteurs, car l’irrégularité devenait plus cho-quante. Heureusement, s’il est permis d’employer cette expression, heureu-sement la décadence de l’art antique était complète; il s’était plié à toutessortes de fantaisies, et ne connaissait plus depuis longtemps l’esprit qui avaitprésidé à sa constitution. Or, parmi ces formes capricieuses qu’enfante lebesoin d’innover, il en était une qui convenait merveilleusement aux circon-stances présentes : c’était l’arcade reposant immédiatement sur les chapiteauxdes colonnes, comme il y en avait dans le palais de Dioclétien , à Spalatro.On s’en empara, et l’on put ainsi réunir les colonnes d’une manière simpleet facile, car ces arcs s’exécutaient en petits matériaux et même en briques.Bientôt les entablements furent abandonnés, et le système auquel on avait eurecours forcément, à regret peut-être, fut adopté d’une manière exclusive. Plustard il se développa sur d’autres proportions, prouva qu’il pouvait, lui aussi,prendre un caractère monumental, et devint caractéristique de l’art moderne,comme b entablement l’était de l’art antique. Au-dessus de ces arcades s’élevaientles murs, de faible épaisseur, également formés de matériaux de peu de valeur,et le tout était couvert par une charpente, qui, tantôt restait en évidence,tantôt était masquée par un plafond en bois.

Il ne faudrait pas conclure de ce qui précède que toutes ces basiliquesaient été d’abord de pauvres édifices, complètement dépourvus d’ornemen-tation; ce serait une grande erreur. Les ressources étaient bornées, et ilfallait bien y mesurer l’importance des entreprises; mais le goût dominantde l’époque portait trop à la profusion des ornements pour que le luxe nese fit pas jour, en une certaine façon, jusque dans les édifices élevés parune religion qui proclamait le mépris des richesses, et traitait les biensde ce monde avec un dédain que ne justifiaient que trop les scandaleuxabus de la vieille société. Ces colonnes empruntées étaient formées de mar-bres recherchés, de granité, de porphyre quelquefois; ces murailles exécu-tées en petits matériaux se couvraient de peintures; dans quelques endroitsmême, notamment sur les voûtes des absides, on voyait de belles mosaïques