ÉGLISES.
227
près mêmes dimensions, avait précédé à Rome celle de Saint-Paul. Elle avaitété construite par Constantin , en l’honneur du prince des apôtres, dans l’en-droit où les restes du saint avaient été inhumés, et c’est sur l’emplacementqu’elle occupait qu’a été élevée l’église actuelle de Saint-Pierre. Les dessinsqui nous en ont été conservés montrent que les colonnes de la grande nefétaient réunies par un entablement, tandis que les colonnes correspondantes,mais moins hautes, comme à Saint-Paul, qui divisaient les bas-côtés, étaientréunies par des arcades. On voit en quel oubli étaient tombés, à cette époque,les préceptes les plus élémentaires d’une saine architecture.
La plus remarquable des basiliques actuelles, sous le double rapport dustyle et de la richesse d’ornementation, est celle de Sainte-Marie-Majeure , àRome , dont la figure 2 de la planche 20 représente le plan dans son étatprimitif. Elle occupe le sommet du mont Esquilin , et fut construite en 432par le pape saint Sixte III , en remplacement d’une église élevée, près d’unsiècle auparavant, sous le pontificat de saint Libère. Restaurée et agrandieà plusieurs reprises, encombrée sur ses faces latérales d’un grand nombrede chapelles, dont quelques-unes sont des œuvres très-importantes, elle n’aconservé de la construction première que les nefs et l’abside.
Les colonnes, qu’on suppose avoir été tirées d’un ancien temple de JunonLucine, auquel avait succédé l’édifice de sa int Lib ère, sont toutes de mêmesproportions et de même matière; elles sont d’ordre ionique, et sont exécutéesen beau marbre blanc veiné. Un riche entablement les réunit, et, au-dessus,appuyées sur un stylobate assez élevé, sont ouvertes les fenêtres qui éclairentla grande nef. L’abside est précédée par une nef transversale analogue à cellede Saint-Paul hors les murs, mais moins importante.
On peut conclure de ce dernier fait que la disposition en forme de croixn’a pas été adoptée dès le principe à titre de symbole, car on l’eût marquéeplus nettement dans le nouvel édifice, si elle eût présenté ce caractère. Lesymbole a très-probablement été imaginé après coup.
La planche 63 de notre premier volume représente le beau plafond, àcaissons carrés et richement ornés, qui couvre la grande nef de cet édifice.Ce remarquable travail a été exécuté dans la seconde moitié du xv° siècle,sous les pontificats des deux Borgia, deCalistelII et d’Alexandre VI ; on pré-tend qu’on a employé à la dorure de ses ornements le premier or venud’Amérique .