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TRAITÉ D’ARCHITECTURE,
Enrichie de dépouilles enlevées à diverses villes de la Grèce , à l’Orient, àRome même, à peine était-elle fondée depuis un siècle, qu’elle montraitavec orgueil quatorze églises, deux basiliques civiles, quatre forums, huitvastes thermes ouverts au public, des théâtres, un cirque immense, des por-tiques, des arcs de triomphe, de nombreux palais, etc.
On s’était sans doute conformé aux traditions de Rome , dans la con-struction de tous ces édifices; car un style d’architecture ne se décrète pas :il naît des circonstances sociales, et son enfantement est laborieux. Les basi-liques consacrées par Constantin, celles de Sainte-Sophie entre autres, devaientavoir reçu une disposition analogue à celles qui viennent d’être passées enrevue. Aucune d’elles n’a survécu; le temps a fait promptement justice detoutes ces constructions si rapidement élevées dans une ville, où l’on avaitplutôt songé à faire affluer des matériaux qu’à se procurer de bons architecteset d’habiles ouvriers. Mais on peut citer à l’appui de cette hypothèse labasilique de la Nativité à Bethléem , dont il a été parlé plus haut, et mêmeune église qui existe encore à Constantinople . Cette dernière, qu’on supposeavoir été dédiée à saint Jean-Baptiste, date du milieu du v e siècle. Quoi-qu’elle soit bien postérieure à Constantin , c’est une véritable basilique , avecporche formant narthex, portiques latéraux superposés et abside demi-circu-laire en saillie au dehors. Les colonnes du rez-de-chaussée sont réunies pardes plates-bandes, et celles du portique supérieur, par des arcades, disposi-tion qui se retrouve dans la partie la plus ancienne de Saint-Laurent horsles murs, à Rome , ainsi que nous l’avons déjà dit. La grande nef est couverteen charpente. Toutefois si les dispositions générales de cet édifice sont toutà fait romaines, on remarque dans le détail une corruption de formes quiannonçait une rénovation, comme l’événement l’a prouvé. Les colonnesdu premier rang ne sont pas surmontées d’un entablement complet, maisd’une simple architrave que couronne une moulure peu importante; leschapiteaux ne sont plus ceux de l’art romain; et l’abside, qui est circu-laire au dedans, est polygonale au dehors.
Mais le nouvel empire ne devait pas tarder à s’affranchir plus complètementdu joug de l’ancien, et l’art était appelé à constater que la séparation avaitdes racines plus profondes que celles de la politique. Tout y concourait :l’absence des grands modèles de l’architecture romaine, la rareté des colonnesqu’il fallait tirer de loin, surtout la disposition des esprits chez lesquels la