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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
ment altéré, et, sauf le Panthéon de Rome , qui ne peut lui être comparéd’ailleurs, ni pour les dimensions ni pour la hardiesse de la conception,c’est le seul des grands monuments voûtés de l’antiquité qui soit parvenujusqu’à nous sans être réduit à l’état de ruines.
Il est entré fort peu de pierres de taille dans ce vaste édifice. Les murset les voûtes paraissent être entièrement exécutés en briques, à l’exceptiond’un socle qui s’étend sur tout le périmètre du monument, des quatre piliersde la coupole, depuis leur face sur la grande nef jusqu’aux ouvertures mé-nagées pour établir une communication entre les trois divisions de chacundes bas côtés, des jambages de ces ouvertures, et d’une large assise poséeau-dessus des grands arcs, pour servir de base à la coupole centrale, lesquelssont construits en [un calcaire à gros grains régulièrement appareillé et tra-vaillé avec la plus grande perfection. Les briques sont pour la plupart deforme carrée, de 0 m ,37 de côté sur 0 m ,05 d’épaisseur; à la base de la cou-pole, elles ont environ 0 m ,75 de longueur sur 0 m ,25 de largeur. Les litsde mortier qui les séparent ont de 0 m ,05 à 0 m ,05 d’épaisseur, ainsi qu’ilétait d’usage chez les Romains. Le mortier est de teinte rougeâtre, et paraitcontenir de la pouzzolane ou de la brique pilée.
Toutes les coupoles sont apparentes au dehors, et sont revêtues en lamesde plomb, qui étaient dorées autrefois.
Passons maintenant à l’ornementation. Elle a été réservée presque exclu-sivement à l’intérieur de l’édifice, et elle est splendide.
Toutes les colonnes sont de marbre ou de porphyre, avec bases et chapi-teaux en marbre blanc. Celles de la grande nef et des bas côtés du rez-de-chaussée sont formées de marbre vert antique, à l’exception des huit co-lonnes des grandes niches des hémicycles, qui sont de porphyre rouge,et proviennent du temple du Soleil, à Rome . Tous les chapiteaux sontœuvres d’artistes byzantins , et sortent complètement des formes consa-crées par l’architecture romaine, ou du moins ne les rappellent que par depetites volutes angulaires, qui appartiennent d’ailleurs plutôt aux traditionsde l’Orient qu’à celles de Rome . Leurs feuilles étaient dorées. Chacun d’euxest précédé d’un cercle de bronze, d’environ 0 m ,50 de hauteur, qui est diviséen trois bandes, et porte sur la face principale une sorte de serrure ornéed’un monogramme. Des cercles analogues sont placés immédiatement au-dessus des bases. Ils étaient tous dorés. Ne faut-il y voir que de simples