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Deuxième partie.
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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.

sur les piliers du milieu de la nef. Les deux autres piliers de chaque côténe se prolongeaient pas au delà des naissances des voûtes de la secondegalerie. On a du reste un exemple de cette disposition dans une autre églised’origine lombarde, à Saint-Ambroise de Milan .

Tout ce qui nous est resté de sculptures lombardes est extrêmement gros-sier; la décadence de l’art en Italie était complète, et les importations byzan-tines n’avaient pu parvenir à l’arrêter. Les chapitaux actuels de l’intérieur deSaint-Michel de Pavie ne paraissent pas appartenir à la construction primitive ;ils ont été probablement refaits dans le cours du xi e siècle, à une époque oùl’art byzantin est venu de nouveau frapper aux portes de l’Occident , et, cettefois, avec plus de succès que par le passé.

Deux nouveaux styles d’architecture religieuse se trouvaient donc en lutteavec l’architecture romaine de la décadence; tous deux remarquables parl’introduction d’un nouveau régulateur de l’ordre intérieur. Dans les basi-liques romaines, l’ordonnance est essentiellement régie par des lignes hori-zontales : au rez-de-chaussée, une série de colonnes séparant la grande nefdes bas côtés, au-dessus une galerie ou un mur plein, puis une suite hori-zontale de fenêtres. Ces trois divisions sont superposées, mais ne sont rat-tachées les unes aux autres par aucun membre d’architecture. On peut direque la composition ne présente pas ce caractère d’unité qui importe à lagrandeur morale. 11 n’en est pas ainsi dans l’architecture byzantine : on ytrouve également les divisions horizontales qu’exige la destination de l’édi-fice, mais elles sont dominées et intimement unies par les grandes arcadesqui constituent l’ossature fondamentale de la construction. Les points d’appuiprincipaux partent du sol, et s’élèvent sans interruption jusqu’à la naissancedes voûtes. Il y a là un ordre bien accentué, témoignant d’une loi éminem-ment rationnelle. Le même esprit s’est fait jour dans le monument lombard;toutefois son mode de manifestation est différent. Les points d’appui ^appro-chés que paraissait demander la forme de basilique ont éte^poursuivis ju&qu’àla naissance des voûtes; mais des colonnes isolées ne pouvant se prêter à luettedisposition, et ne présentant pas d’ailleurs de suffisantes garanties de Jsoli-dité, on a pris le parti d’appliquer les colonnes contre les pieds-droifê quisupportent les arcs, et au-dessus, contre le mur. Ainsi placées, ayant unegrande hauteur, elles eussent paru trop lourdes si on leur eût assigné lesproportions admises jusqu’alors, et l’on a été forcément conduit à les allonger.