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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
ensemble, avons-nous dit, mais science et art étaient tous deux étroitementbornés, et ne savaient s’ouvrir de larges horizons.
Est-il nécessaire de parler du mauvais effet que produisent au dehors cesarcs-boutants multipliés, qui masquent les formes essentielles de l’édifice,semblables aux étais dont on entoure une construction à la veille de s’écrou-ler, et qu’on veut maintenir en équilibre pendant quelque temps encore?Il n’est aucun homme de goût qui ne soit choqué à la vue de ces tristesappareils.
Les espacements des points d’appui sont encore une preuve de cette dispo-sition des esprits à borner les innovations aux détails. Ils avaient été réglésdans les basiliques par les exigences du système de construction, c’est-à-dire par l’écartement des fermes de la charpente et par la nature des supports,qui consistaient en colonnes isolées. Or, dès qu’on employait des voûtes etdes piliers plus fermes, on pouvait franchir de plus longs intervalles, onpouvait tout au moins prendre, pour cet espacement des points d’appui, la lar-geur de la grande nef, au lieu de le régler sur celle des bas côtés, et c’est cequi a été fait effectivement en Italie ; de là encore devait résulter moins dedifficultés, moins de dépenses et une forme plus satisfaisante. L’intérieur del’édifice eut été plus dégagé, et il y avait plus d’avantage réel à obtenir cerésultat qu’à réduire un peu les diamètres de quelques colonnes. On n’y a passongé ou on ne l’a pas voulu. Comparez le plan d’une de ces églises voû-tées à celui d’une basilique, vous trouverez même disposition générale, etrien ne vous avertira que les systèmes de construction sont différents;tandis qu’un tout autre effet sera produit si vous prenez le plan d’une desgrandes salles des Romains (pl. Ü3), ou celui de Sainte-Sophie de Constanti-nople (pl. 25), pour l’un des termes de cette comparaison : vous serez frappéde ce qu’il y a de grand dans les dispositions générales de ces derniers, etde mesquin dans celles de l’architecture ogivale:
Les clochetons élancés qui chargent les contre-forts à leur partie supé-rieure ont sans doute quelque chose de spécieux ; ils ne sont pas sans actionsur la stabilité. Mais ont-ils reçu la forme la plus convenable à leur destina-tion matérielle? évidemment non. Un coup de vent, le développement d’unepariétaire suffisent à renverser les pointes aiguës qui les terminent. Aussivoit-on que la plupart sont découronnés, et que les eaux pluviales s’in-troduisent dans les maçonneries par leurs joints béants.