ÉGLISES.
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Puis, après s’être contenté du spécieux, on est arrivé aux mensonges, quiblessent le spectateur délicat, et enlèvent à l’art sa dignité; et l’on n’a pasmême songé à les dissimuler. Un porche, par exemple, sera surmonté d’unpignon élevé, qui annonce un toit; mais le toit eût masqué une ouverture,ou eût intercepté un passage ; il n’existe pas, le pignon n’est qu’un mur isolé,inutile, une chose fausse, et l’architecte a si peu senti ce qu’il y a devicieux dans cette disposition, qu’il y ajoute volontiers une nouvelle super-fluité, une fenêtre, qui reçoit du jour des deux côtés. Et ce mur qui nese relie à rien, on est obligé de recourir à des barres de fer pour le main-tenir dans sa position.
Enfin, si quelques ornements sont très-convenablement placés, beaucoupsont distribués de telle sorte que leur durée ne pouvait être que très-éphé-mère. Tels sont les crochets de feuillages qui courent sur les arêtes sail-lantes des flèches, des clochetons et des pignons, et les fleurons qui cou-ronnent ces appendices. Il n’est pierre de si bonne qualité qui puisse résisteren pareille position. Telles sont encore les maigres colonnettes placées endehors, et celles qui forment les meneaux des fenêtres; elles ne tardent pas àse corroder, et à se réduire en poussière.
Aussi voyez en quel état sont aujourd’hui ces constructions, malgré lecoûteux entretien dont elles ont été l’objet. Plusieurs se sont écroulées, etla plupart menacent ruine, à ce point qu’il faut les rétablir de fond en comble.Mal constituées, elles meurent avant le temps, tandis que d’autres, beaucoupplus âgées et dont l’entretien n’a pas été mieux assuré, sont encore dans unparfait état de conservation.
Ajoutons que cette architecture, si peu durable, est extrêmement dispen-dieuse ; car si ses dispositions permettent de réduire, au minimum, le cubedes matériaux à employer pour couvrir un espace donné, elles exigent pres-que impérieusement l’emploi de la pierre de taille, et une quantité de main-d’œuvre que ne demande aucun autre style. Nulle part ailleurs la pierre n’estrefouillée, évidée, travaillée à ce point. Nulle part on ne voit un support isoléprésenter un aussi grand développement de contour pour une même section,une galerie ou un portique se composer d’autant de points d’appui, une mêmesurface se couvrir d’autant de ramifications et de lignes sinueuses. Malgré lalégèreté de la construction et ce qu’il y a d’ingénieux dans les formes,l’architecture ogivale est celle qui coûte le plus par unité de surface couverte.