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Deuxième partie.
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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.

STYLE DE LA RENAISSANCE.

Pendant que l’art ogival tombait, victime de ses propres excès, autant quedes révolutions qui s’étaient produites dans les esprits, l’Italie reprenait lerang qu’elle avait longtemps occupé, et que la France n’avait pas su garder.Elle était redevenue le foyer des lumières; elle marchait en tête de l’Occident ,avec ses érudits, ses philosophes, ses poètes et ses artistes; et elle avaitproduit le plus grand mouvement des temps modernes, celui de la Renais-sance . Renouant la chaîne des traditions, trop longtemps interrompue, elleavait rendu l’esprit humain aux larges et lumineuses conceptions, et irrévo-cablement condamné celles du moyen âge.

L’architecture ogivale n’y avait été acceptée qu’avec une sorte de répulsion.Importée par les Allemands, ce qui était loin de lui concilier les sympathiespopulaires, elle y avait le nom d ’architettura tedesca, et n’était jamais entréecomplètement dans le sentiment du pays, malgré les concessions qu’ellesemble lui avoir faites. Dans les édifices d’Italie , en effet, elle est plus mâle,plus monumentale, a des dispositions plus larges, se montre moins prodiguede formes aiguës et découpées que dans les contrées du Nord. A Santa-Maria-Novella et à Sainte-Marie-des-Fleurs de Florence (1279 et 1298) et dans lacathédrale d’Arezzo (1276), par exemple, les piliers qui séparent la nef desbas côtés sont très-espacés; leur écartement est égal à la largeur de la nef,de sorte que les principales voûtes d’arête sont établies sur plan carré, etque ce sont celles des bas côtés qui ont le plan barlong; il n’y a qu’unecolonne sur chacune des faces du pilier, et elle n’a rien de trop grêle;les voûtes, moins élevées, n’ont pas besoin d’arcs-boutants pour être main-tenues. 11 y a de la simplicité et de la grandeur; on sent que les souvenirsde l’architecture antique n’étaient pas tout à fait effacés. Mais, en mêmetemps que les défauts, manquent les qualités. Les formes élégantes, lesgracieux détails, l’exquise harmonie et surtout la franchise d’expression nese retrouvent plus. Transportée dans un milieu qui ne lui convient pas, laplante s’atrophie, perd ses jets hardis, et ne se couvre plus de fleurs.

Aussi l’ogive n’est-elle jamais parvenue à étouffer complètement le pleincintre sous le beau ciel cîe l’Italie. Le Campo-Santo de Pise appartient aucommencement du xnf siècle, et ses arcades présentent la demi-circonférence