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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
appelée à régir toutes les constructions religieuses. L’opinion publique, long-temps indécise, a paru se ranger du côté de ces derniers. Elle s’est trompée :l’art du moyen âge est mort, aussi bien que son esprit et ses institutions, etleur résurrection est impossible. On peut galvaniser un cadavre, mais on ne lerappelle pas à la vie.
A côté des mérites, nous avons déjà signalé les défauts de l’architecturedu xm e siècle; nous avons montré combien elle laissait à désirer sous letriple rapport de l’ampleur, de la durée et de l’économie des constructions.Nous n’insisterons pas davantage. C’est à un autre point de vue que laquestion doit être envisagée. Ce qu’il faut consulter, c’est moins la formeque l’esprit. Ainsi l’ont jugé d’ailleurs la plupart des fervents admirateurs del’art du moyen âge. « Cette époque, disent-ils, était essentiellement reli-gieuse; l’art qu’elle a enfanté est l’art religieux, l’art chrétien par excellence;expression fidèle des sentiments qui l’ont dicté, mieux qu’aucun autre ildonne satisfaction à la piété ; créé en vue des édifices sacrés, lui seul peutleur assurer le caractère qui convient ; comparez l’impression que vouséprouvez en entrant dans nos vieilles cathédrales à celle que produisent leséglises modernes, et non-seulement la question ne vous paraîtra pas dou-teuse, mais vous ne comprendrez pas qu’elle puisse être controversée. »
Était-on réellement plus chrétien au xm e siècle qu’on ne l’est de nos jours?
En compulsant l’histoire, en étudiant les mœurs (I), il serait permis d’endouter ; mais cela importe peu : ce qu’il y a de certain, c’est qu’on l’étaitautrement. La religion est la même sans doute, ses vérités sont éternelles,le temps n’y a point prise; mais l’esprit des générations varie incessamment.A mesure que s’accumulent ses conquêtes intellectuelles, l’homme voits’étendre son horizon, et se modifier son sentiment, aussi bien sur les chosesde la terre, que sur l’auteur de toutes ces merveilles qui se révèlent suc-cessivement à ses yeux éblouis. Le Cœli enarrant gloriam Dei est aussi vraide nos jours qu’il l’était jadis; mais les cieux ont de bien autres enseigne-ments, depuis que la science nous en a fait percer les profondeurs, et nous aconfondus par le spectacle de l’infini.
Il n’est pas jusqu’à ces sciences proscrites au moyen âge, œuvres du