TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
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a mérité l’honneur d’un monument public. Quelques piédestaux occupent lecentre d’un hémicycle garni de bancs; dans d’autres, des bancs sont adosséscontre la base ; il en est que décorent des colonnes engagées dans les angles.On peut citer comme exemples de cette dernière disposition, le magnifiquepiédestal de la place Saint-Laurent, à Florence , et celui qui supporte la statueéquestre du général Colleoni, sur la place Saint-Jean et Saint-Paul, à Venise .
Quelques statues ont été installées sur des colonnes, et il y a un symboletrès-convenable dans cette disposition qui élève l’image du héros à une grandehauteur au-dessus de la foule. L’effet produit est surtout satisfaisant, quand lemonument est situé de manière à être aperçu de loin, sur rune des princi-pales rues de la ville ou à l’extrémité d’une promenade publique, par exemple.
ii. TOinmiv.
La vénération pour les morts est de tous les temps, et appartient à tous lesdegrés de la civilisation. Nous voulons marquer le coin de terre où nous avonspieusement déposé les restes d’une personne qui nous était chère, nous voulonsun témoignage de notre culte pour une mémoire vénérée : de là les tombeaux,le respect qui les entoure et l’importance que nous y attachons. Quelquefoisaussi un sentiment moins désintéressé préside à leur construction : on veut sepréparer un dernier asile, et donner satisfaction au désir que nous éprouvonstous de laisser quelque souvenir de nous. L’homme, suivant la belle expressionde M. de Kératry, se repose sur la mort elle-même du soin d’annoncer qu’il avécu. Une histoire complète des tombeaux serait celle des sociétés humaines;elle ferait revivre les races, les noms, les faits, les mœurs et les croyances.
Tombeaux égyptiens. Aucun peuple ne s’est préoccupé autant que les Égyptiensde tout ce qui est relatif à la sépulture; on dirait que l’ensevelissement desmorts et la construction des tombeaux étaient à leurs yeux le principal but dela vie, et il est certain qu’une notable partie de la nation y était exclusivementconsacrée. Des prescriptions religieuses, d’accord avec les exigences del’hygiène publique, ne leur permettaient pas d’abandonner les cadavres à ladécomposition naturelle, et l’on sait avec quel art ils pratiquaient l’embaume-ment. Il n’est pas une de nos collections d’antiquités qui ne renferme plusieursmomies dans un état parfait de conservation. Même un grand nombre d’ani-