Band 
Deuxième partie.
Seite
331
JPEG-Download
 

TOMBEAUX.

331

maux étaient desséchés immédiatement après la mort, de manière à pouvoirêtre empilés dans de vastes nécropoles, sans qu’il en résultât aucune émanationdangereuse. On a trouvé, en quelques points de l’Égypte , des amoncellementsprodigieux d’animaux de diverses espèces ainsi préparés, et entremêlés demomies humaines.

Les Égyptiens n’attachaient pas moins d’importance à préserver les tom-beaux de toute violation. Vastes et innombrables, ces monuments étaientdisposés dans l’espoir d’assurer une éternelle conservation aux précieuxdépôts qui leur étaient confiés. C’étaient des grottes naturelles, d’anciennescarrières, de longues galeries percées dans les rochers, des puits profonds,ou de massifs monuments élevés au-dessus du sol avec le plus grand luxede solidité; et chacun d’eux était hermétiquement fermé dès qu’il était rem-pli, ou que s’était éteinte la famille à laquelle il appartenait. L’entrée étaitmême souvent masquée avec soin, de manière à ne pouvoir être jamaisretrouvée. On voulait garantir la mort, non-seulement des injures du temps,mais encore de celles des hommes. C’était vouloir l’impossible.

Les tombeaux de l’Égypte antique peuvent se diviser en deux grandes classes :ceux qui s’élèvent au-dessus du sol, et ceux qui sont creusés dans ses profondeurs.

Parmi les premiers, la forme la plus habituelle est celle de la pyramidequadrangulaire. D’où provient-elle? A-t-elle été inspirée par celle du tumulus,de la tombe piïmitive, naturelle pour ainsi dire, qui provient de l’amon-cellement au-dessus du cadavre des terres extraites pour lui faire place? Est-elle une imitation des montagnes qui, aux abords de Thèbes , la ville sacrée,étaient destinées aux sépultures, et aurait-on exécuté des montagnes artifi-cielles faute d’en trouver d’autres à proximité? Ces questions sont pendantes, etil ne nous appartient point de les traiter. Nous dirons cependant que, si nousdevions prononcer, ce serait en faveur de la première hypothèse, à l’appuide laquelle de sérieuses considérations peuvent être invoquées. Il est à remar-quer en effet que, s’il est permis de comparer les grandes pyramides à desmontagnes, il n’en est pas de même pour les petites qui étaient très-nom-breuses autrefois, et que, si l’on avait voulu se placer dans des conditionsanalogues à celles des environs de ..Thèbes , au lieu d’élever des pyramidesisolées, il eût été plus simple et plus vrai d’établir un massif continu, danslequel les tombes eussent été creusées après coup, ou ménagées dès le principe.Telle est, du reste, la disposition qui avait été adoptée dans le Delta, où Cham-