TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
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entière. Ce vaste monument appartenait au roi Ramsès-Méiamounn. Leschangements d’axe sont plus nombreux dans le tombeau de Ménephtat I er ,dont le plan et la coupe sont représentés par les figures 3 et 4 de la mêmeplanche. La pente y est également plus prononcée que dans les précédents,et elle a obligé de recourir à des escaliers. Ces plans montrent commentles excavations pouvaient se poursuivre pendant toute la durée de la viedu souverain qui les commandait, s’allonger avec ses années, et s’arrêterbrusquement à sa mort. Telle salle qui eût eu l’honneur de recevoir le sar-cophage royal, si le règne eût été moins long, se trouvait réduite au modesterôle de vestibule, tandis que, dans d’autres tombes, un couloir à peinecommencé était élargi à la hâte pour recevoir un sarcophage. Le pharaonprenait possession de sa dernière demeure dans l’état où elle se trouvaitau bout des soixante-dix jours qu’exigeaient les cérémonies funéraires.
Des hypogées, plus intéressants encore pour l’histoire de l’architectureque ceux dont on vient de parler, se trouvent près du village arabe deBeni-Hassen. Ce village occupe l’emplacement d’une ancienne ville égyp-tienne dont la nécropole a seule survécu; elle est creusée dans un plateaucalcaire qui le domine.
Le premier hypogée, du côté du nord, est formé d’une salle à peuprès carrée, dont le plafond est soutenu par quatre colonnes, dans lefond de laquelle est une niche sépulcrale, et qui est précédée d’un por-tique composé de deux colonnes (t). Ce qu’il y a de très-remarquable dans cemonument, c’est que ses colonnes diffèrent complètement de toutes celles del’architecture égyptienne, et rappellent d’une manière frappante l’ordre doriquedes Grecs. Celles de l’intérieur sont cannelées, ont cinq diamètres en hau-teur et sont couronnées par un tailloir carré. Le fût, qui diminue de L environ,porte seize cannelures creuses semblables à celles des colonnes doriques; seule-ment celle de ces cannelures qui est parallèle à l’axe du monument du côté dela nef centrale est pleine, présente une surface plane, et l’on suppose qu’elledevait recevoir une inscription hiéroglyphique. Les colonnes du portique sontà huit pans, non creusés; leur section a la forme d’un octogone régulier.
Toutes ces colonnes sont réunies par des architraves qui posent immé-
(1) Les figures 5, 6, 7 et 8 de la planche 45 représentent respectivement le plan, la coupe transversale,la coupe longitudinale et une vue extérieure de ce monument.