TOMBEAUX.
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diatement sur le chapiteau. A l’intérieur elles ne le sont que dans unedirection perpendiculaire à celle de la façade, de manière à diviser lachambre sépulcrale en trois nefs distinctes. Le plafond de chacune de cesnefs est évidé en arc de cercle très-surbaissé. C’est également un arc decercle qui forme le plafond du portique. Enfin, au-dessus de l’architravede la façade, est une corniche, actuellement en fort mauvais état, mais àla partie inférieure de laquelle on reconnaît une suite de denticules arron-dis en dessous.
L’hypogée voisin est également précédé d’un portique; mais les colonnesy sont cannelées en creux et n’ont point de bases. Celles de l’intérieur ontdisparu, quoique les peintures des parois se soient admirablement conservées.
Or ces deux monuments portent leurs dates ; ils appartenaient à de grandsfonctionnaires nommés, l’un Aménemhé et l’autre Néhothph, qui vivaientsous le pharaon Sésortasen, environ vingt-huit à trente siècles avant notreère. Ils tendent donc à établir que l’ordre dorique a eu son point de départdans la vallée du Nil , et aussi ces vieilles colonnes ont-elles conservé lenom de protodoriques, que Champollion leur a donné. Ce fait, si impor-tant pour l’histoire de l’art, aussi bien que pour celle du développementsuccessif des civilisations, n’enlève d’ailleurs aux Grecs que le mérite très-secondaire, on dirait presque insignifiant, de l’invention de la forme, etleur laisse tout entière la gloire d’avoir animé cette forme et de l’avoirélevée au rang d’une création. C’était lettre morte avant eux; sous leurinspiration, c’est devenu l’un des plus beaux types de l’art, une entité impé-rissable. C’est ainsi que l’ogive date de tous les temps, et ne doit cepen-dant la vie qu’au moyen âge.
Il est impossible de passer en revue ces prodigieuses constructions funé-raires de l’Égypte , sans éprouver à la fois une profonde admiration pourla grandeur des entreprises et un pénible sentiment de pitié pour le mal-heureux peuple qui a été condamné à user sa vie dans ces travaux impro-ductifs. Au prix de combien de douleurs et de cruelles misères ces monu-ments ont-ils été élevés! Que de larmes sur ces pierres! Que de milliersd’hommes dont l’existence n’a été qu’un long supplice, afin d’assurer à undespote une tombe à hauteur de son orgueil! Et ne serait-ce pas justice quela malédiction de la postérité vînt se joindre à celle de tant de victimes?Disons au moins qu’elle est insensée l’ambition de transmettre, à travers la