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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
drale de Rouen, par sa veuve, la trop célèbre Diane de Poitiers . Le cadavre,presque nu, est couché sur un sarcophage de marbre noir, et il est repré-senté avec une telle vérité qu’on pourrait le croire moulé sur nature; à sespieds est une statue de la Vierge; derrière sa tête, la veuve éplorée, àgenoux et en prière. Le guerrier à cheval, armé de pied en cap et l’épéeà la main, domine la composition. De chaque côté de cette figure, sontdeux cariatides qui supportent un entablement couronné par des armoi-ries. Ces cariatides sont les personnifications de la Victoire, de la Foi, de laPrudence et de la Gloire.
L’Italie est très-riche en monuments de ce genre. Ils sont pour la plupartplacés dans des églises, à la beauté et au caractère desquelles ils contribuentefficacement. Beaucoup sont extrêmement remarquables, aussi bien par lacomposition que par la nature des matériaux et la perfection du travail, etpeuvent être rangés parmi les oeuvres les plus précieuses de l’art moderne. Ilfaudrait en citer un grand nombre, car le choix est difficile; mais noussommes tenu à beaucoup de réserve, et nous nous bornerons à dire quelquesmots de ceux qui peuvent être présentés comme des types de disposition.
Dans l’église de Saint-Dominique, à Sienne , est le tombeau d’Arringhieri,célèbre professeur de droit, mort en 1374. Le sarcophage est élevé sur descolonnes à une certaine hauteur au-dessus du sol, et sa face principale estornée d’un bas-relief représentant le professeur dans l’exercice de ses fonctions;sur le bandeau qui le couronne est une courte inscription; au-dessus se voitle personnage couché, exposé sur un socle décoré de ses armes. Il y a ungrand calme et beaucoup de dignité dans cette composition, qui est due ausculpteur Goro.
Guido Tarlati, évêque d’Arezzo , ne se bornant point à ses fonctions sacer-dotales, commanda avec succès l’armée de cette petite république qui l’élutpour chef. Son tombeau se compose d’un grand soubassement divisé en seizecompartiments, lesquels sont occupés chacun par un bas-relief représentantFun des actes mémorables de la vie agitée du belliqueux prélat. Au-dessus estle sarcophage, dont la face est ornée du lit funéraire et de deux anges qui ensoutiennent les rideaux. On attribue au Giotto les dessins de ce monument, quiest placé dans la cathédrale d’Arezzo , et qui a été exécuté par les frères Augustinet Ange de Sienne .
Un admirable tombeau est celui que Mino da Fiesole a élevé au marquis Ügo