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Deuxième partie.
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TRAITÉ D'ARCHITECTURE.

d’A. Âmadeis. La fille de Colleoni , morte à l’âge de quinze ans, est couchée surle sarcophage, la figure calme et fine, paraissant dormir du paisible sommeilde l’enfance. L’artiste a ajouté à cette œuvre capitale d’autres sculptures éga-lement très-remarquables : au sommet, la Vierge et l’Enfant accompagnés, d’uncôté de la Charité, de l’autre d’un ange qui prie; sur la face principale del’urne funéraire, une représentation de N.-S. J.-C.; à ses extrémités, lesarmoiries des deux familles.

Citons encore, en dehors de l’Italie , le tombeau de l’empereur Maximilien,à Inspruck . Un grand sarcophage occupe le milieu de la nef d’une petite église;l’empereur est couché sur le couvercle; à droite et à gauche, et à quelque dis-tance du monument, auquel elles font cortège, sont vingt-huit statues colossalesen bronze représentant des guerriers et des aïeux de Maximilien. On éprouveune profonde impression à la vue de ces grandes figures isolées, qui semblentgarder le tombeau et rendre hommage au puissant empereur, et de cette égliseque le monument remplit presque en entier, et qui paraît uniquement des-tinée à l’abriter dignement. Peu de compositions sont d’un aussi beau carac-tère, et inspirent autant de respect.

On voit enfin, dans l’une des chapelles de l’église de Notre-Dame, à Bruges ,deux magnifiques sarcophages, dont nous ne pouvons nous dispenser de direquelques mots : ce sont les tombeaux de Charles le Téméraire et de sa fille,Marie de Bourgogne . Leurs dispositions générales sont les mêmes, et l’und’eux, celui de la princesse, est représenté par la figure 9 de la planche 48. Lesarcophage est en marbre noir, couvert des réseaux d’un arbre généalogique enbronze doré, dans lequel de charmantes figurines sont associées aux armoiries.Une figure couchée, également en bronze doré, occupe la partie supérieure dumonument.

On remarque, sur quelques tombeaux de la Renaissance, des figures qui sem-blent en telle opposition avec l’esprit de l’époque qu’on a peine à se lesexpliquer. Elles représentent, non pas seulement le corps dans la tristeforme où il se trouvait immédiatement après le décès, mais le cadavre dansl’état révoltant d’une décomposition plus ou moins avancée. Qui a pu motiverces hideuses représentations? Est-ce, comme on l’a dit, l’ambition desartistes, désireux de montrer toutes les ressources de leur ciseau ? Ne seraient-elles pas dues plutôt à un suprême effort de l’esprit du moyen âge, se réveil-lant au moment où il va s’éteindre, et portant jusqu’à l’exagération ses ten-

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