TOMBEAUX.
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dances déjà condamnées? Ne remontent-elles pas à la même inspiration queles danses macabres? Quoi qu’il en soit, pareille aberration n’a pas été delongue durée, et l’art a librement poursuivi la voie dans laquelle il s’étaitengagé.
Les tombeaux y ont-ils gagné? Nous n’oserions l’affirmer. Peut-être aprèsavoir été trop sacrifié, l’homme a-t-il été exalté outre mesure? Peut-être, detrop humbles, les monuments sont-ils devenus trop orgueilleux; de tropexclusivement religieux, trop matérialistes? Les sculptures sont souvent admi-rables, la composition est savante, les allégories sont ingénieuses; mais lespectateur n’est point touché, parce qu’il ne trouve ni le caractère digne,sérieux et monumental qui convient à la mort, ni la pensée touchante ou reli-gieuse qui le saisirait au coeur. Qui n’a été frappé, par exemple, en visi-tant Saint-Pierre de Rome , de l’ostentation de la plupart des tombeaux depapes placés dans ce monument? Que d’orgueil! quelle absence de sentimentsreligieux! quelle impiété! allions-nous dire. L’homme triomphe de la mort;mais la foi, quelle est-elle? quel a été le grand acte de l’existence terrestre?Rien ne le dit. Ce fameux tombeau de Jules II , projeté et commencé parMichel-Ange , eût été certes un des plus beaux monuments de l’art moderne,mais eût-il répondu à ce qu’on est en droit de demander à la dernière de-meure d’un vicaire de Jésus-Christ ? Eût-il présenté assez de calme, de dignité,de caractère profondément religieux? Le grand artiste a élevé, dans une cha-pelle de la basilique de Saint-Laurent, à Florence , deux tombeaux, l’un pourJulien, l’autre pour Laurent de Médicis , le père de Catherine. Ils sont juste-ment célèbres, et il n’est personne qui ne les connaisse ou n’en ait vu lesdessins. Jamais peut-être la sculpture n’a obtenu de pareils effets; il y a dansles six figures qui les décorent une grandeur et une puissance qu’on cher-cherait vainement ailleurs. Mais la conception de l’œuvre est-elle à hauteurde l’exécution? Ne sont-ce point les statues plutôt que les tombeaux qui com-mandent l’admiration?
Quel est donc, puisqu’il faut conclure après cette énumération des œuvresdu passé, quel est donc l’esprit qui doit présider aujourd’hui à la compo-sition des tombeaux? quel est le caractère qu’il convient de leur donner?La question n’est pas facile à résoudre; car les sentiments de l’époque sontmultiples et confus, et ne sont pas régis par un principe dominant d’où sepuissent déduire toutes choses. Mais on peut reconnaître les traits généraux