TOMBEAUX.
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de Lavalette, victime des passions politiques, est condamné à mort; safemme, admise à pénétrer jusqu’à lui la veille du jour fixé pour l’exécu-tion, l’oblige, à force d’instances, à revêtir le costume qu’elle portait, et,restant à sa place, le fait évader. Ferme en présence du malheur, ellene peut résister à la joie du succès, et elle paye le salut de son mari parla perte de sa raison. Une même tombe réunit les deux époux, et elle est sur-montée d’un bas-relief qui rappelle le dévouement de cette noble femme.
Le capitaine du génie Coutaulx, brave et loyal militaire, auquel tous sescamarades d’école ont conservé le meilleur souvenir, est frappé mortellementsous les murs d’Anvers . Sa mère, qui avait mis en lui toutes ses affections ettout son bonheur, réclame son corps et le dépose sous une tente, où chaquejour elle va s’agenouiller et pleurer sur le fils quelle a perdu. Peut-être laforme laisse-t-elle à désirer sous le rapport de l’art, n’est-elle pas suffisammentdigne et sévère; mais le monument attire l’attention, et la pensée est com-prise par tout le monde.
M. Duban est appelé à dessiner un tombeau pour M me Delaroche, belleet sainte jeune femme, remplie d’élégance et de distinction, gracieuse etaimable entre toutes. Il adopte la forme d’une châsse, symbole de saintetéet de repos religieux; trois ouvertures de chaque côté laissent pénétrer lesregards dans l’intérieur, où l’on voit étendu un suaire fin et élégant, quisemble couvrir le cercueil; une couronne est déposée au-dessus de la tète,et, en arrière, sur la paroi verticale, est un médaillon qui rappelle lestraits de la femme. Un petit jardin, que ferme une belle grille, entoure lemonument. L’art se montre dans cette composition à hauteur de la penséeet du sujet : il y est touchant, doux, élevé, religieux, et de la plus rareélégance (pl. 48, fig. 4).
Un grand peintre, Géricault , meurt dans la force de l’age, après s’êtrefait connaître par une immense toile d’un puissant effet, par son tableau dunaufrage de la Méduse. Une longue maladie n’avait point eu prise sur sonamour pour l’art, et la mort l’a saisi rêvant à de nouvelles compositions.M. Étex l’a représenté couché sur son lit, le pinceau d’une main, la palettede l’autre, les extrémités inférieures déjà atteintes par la mort, la tête vivanteet inspirée. Une traduction en bas-relief du célèbre tableau décore le soclequi supporte cette figure.
Cherubini s’était fait un nom illustre par ses compositions musicales, et
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II.