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Deuxième partie.
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BIBLIOTHÈQUES.

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II. BIBLIOTHÈQUES.

Ainsi que l’indique son étymologie, le mot de bibliothèque désigne unendroit destiné à renfermer des livres. Il s’applique également, en dehorsdu sens littéral, à une collection de livres, mais il n’y a pas lieu de s’occu-per ici de cette dernière acception.

Il n’est pas besoin sans doute d’insister sur l’importance des biblio-thèques publiques, et sur la nécessité de les disposer et de les construireavec la plus grande sollicitude. Elles sont appelées à conserver nos plus beauxtitres de gloire, les seules œuvres du genie de l’homme qui soient réellementdurables, le plus précieux héritage des innombrables générations qui nousont précédés, et elles rendent d’immenses services au développement deschoses de l’esprit, en mettant à la portée de chacun les ouvrages des grandsécrivains des temps anciens et modernes. Ces édifices sont de ceux dont lenom seul inspire le respect, et dont les nations civilisées se parent avec leplus d’orgueil. Leur dévastation est comptée au nombre des plus grandscrimes de la barbarie.

On fait remonter à Moïse l’établissement de la première bibliothèquepublique, parce qu’il avait ordonné le dépôt des livres sacrés dans l’archedu Seigneur; mais il est permis de penser que, dès qu’il y a eu deslivres, il y a eu des salles destinées à les conserver, et de mieux caractériséesque celle-là. On cite aussi, parmi les plus anciennes bibliothèques, celledu palais égyptien d’Osymandias (douze siècles avant notre ère), à l’entréede laquelle se lisait cette belle inscription : Trésor des remèdes de l’âme.Rappelons encore celles de Polycrate à Samos, de Pisistrate à Athènes , cellede Gnide, que recommandaient ses nombreux ouvrages de médecine, et celled’Aristote , qui s’était enrichie de tous les écrits recueillis en Orient parAlexandre. Enfin il n’est personne qui n’ait entendu parler de la plus célèbrede toutes celles de l’antiquité, de la bibliothèque d’Alexandrie, qui, fondéepar Ptolémée-Soter , et successivement accrue par les autres Ptolémées, secomposait de sept cent mille volumes, lorsqu’un incendie, allumé dans leport par Jules César , se propagea jusqu’à elle et la dévora en grande partie.On sait que, rétablie par les empereurs romains, elle redevint un centred’érudition pendant plusieurs siècles encore, et fut détruite de nouveau en