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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
650, pour ne plus se relever. On ignore malheureusement quelle était ladisposition de l’édifice.
A Rome , il y avait de nombreuses bibliothèques publiques ou pri-vées. On a conservé le souvenir de celles de Régulus, de Paul-Émile, deSylla, de Lucullus, de Cicéron, de Jules César, d’Auguste, de Vespasien ,de Pline. Les plus considérables et les plus célèbres étaient celles queTrajan avait adossées contre la face nord de la basilique Ulpienne, et quiétaient consacrées, l’une aux livres grecs, l’autre aux livres latins. Lafigure A de la planche 42 donne à la fois le plan de la basilique et ceuxde ces bibliothèques, que séparait une petite cour, au centre de laquelles’élevait la colonne Trajane , comme si l’empereur avait voulu réunir surle même point ses titres les mieux assurés à la reconnaissance publique.
Les grandes bibliothèques des Romains paraissent avoir été décoréesavec luxe. Les livres, dont la valeur vénale était bien plus grande que de nosjours, étaient conservés dans de riches armoires; les murs étaient décorésd.’incrustations et de peintures ; enfin on y trouvait des statues et des bustesen marbre ou en métaux précieux, qui, suivant l’heureuse expression dePline, représentaient les grands hommes dont les esprits immortels habitaientces édifices et revivaient encore dans leurs ouvrages.
Les livres n’avaient pas alors la forme commode à laquelle nous sommeshabitués. Ils étaient écrits pour la plupart, et habituellement d’un seulcôté, sur des feuilles de papyrus ou de parchemin collées les unes à lasuite des autres, qui s’enroulaient et se conservaient dans des coffres cylin-driques. Tel ouvrage qui se réduit aujourd’hui à un mince volume, exigeaitbeaucoup de rouleaux de ce genre, de sorte que les bibliothèques de l’an-tiquité étaient fort peu de chose comparativement aux nôtres sous lerapport de la quantité des écrits; mais, en revanche, on n’y trouvait pasautant de médiocrités, et l’on n’avait pas à se préoccuper du danger del’encombrement. L’idée de former les volumes au moyen de feuilles depetites dimensions, placées les unes à la suite des autres, avait été émiseet appliquée, il est vrai, bien avant Trajan ; mais on ne renonce pas faci-lement à d’anciens usages, et les rouleaux ne paraissent avoir ^été défini-tivement abandonnés que vers la fin du m° siècle.
Pendant le moyen âge, il n’y avait guère de bibliothèques que dans lesmonastères, et c’est à ces établissements religieux que nous devons la