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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
dépens des livres. C'est plutôt une remarquable construction qu’un modèlede bibliothèque.
Du reste ces bibliothèques de dimensions très-restreintes, ou disposéesaprès coup dans des palais, des couvents, des écoles, et autres édificespublics ne présentent pas un intérêt assez général, et ne laissent pas à l’artune latitude suffisante pour qu’il convienne de s’y arrêter davantage. Nouspasserons donc à l’étude, plus profitable, des constructions de ce genre quiont été élevées dans l’intention bien évidente de satisfaire le plus complè-tement possible, par des formes spéciales, aux diverses convenances du sujet.
Ces convenances sont bien connues, dans ce qu’elles ont de plus général etde plus essentiel. Il faut un vestibule, une salle de lecture renfermant lesouvrages les plus usuels, des salles plus ou moins nombreuses pour dépôts delivres, des cabinets pour les conservateurs et employés, et, dans la plupartdes cas, des pièces particulières pour les manuscrits précieux, les estam-pes, les médailles, etc. Toutes ces choses doivent être disposées de manièreà faciliter le classement et la conservation des objets, la surveillance desdiverses parties de l’établissement, la distribution des livres aux lecteurs,et le recueillement nécessaire aux études sérieuses.
La bibliothèque de Bodley, à Oxford , fondée au commencement du xvn esiècle, présente à peu près la forme d’un H, et cette disposition paraît au pre-mier abord assez favorable. Les deux longues branches peuvent être affec-tées au dépôt des livres, et la branche transversale peut former la salle delecture, qui occupe ainsi une position centrale; mais la surveillance duconservateur n’est pas convenablement assurée, et la salle de lecture, servantde communication entre les deux branches, est incessamment parcourue danstoute sa longueur par les employés et les visiteurs. On n’y trouverait pas cetinconvénient, si les deux ailes longitudinales étaient rattachées l’une à l’autre,soit à l’une de leurs extrémités, soit à chacune d’elles.
A peu près vers la même époque, les moines de l’abbaye de Sainte-Gene-viève, à Paris , établirent dans l’étage supérieur de leur couvent une grandebibliothèque, qui a subsisté jusque dans ces dernières années, et ils profitèrentfort habilement de la disposition des lieux pour lui donner la forme d’unecroix. Il y a là le principe d’une distribution très-convenable pour un édificede dimensions moyennes. Placez le vestibule et l’escalier principal à l’ex-trémité d’une des branches de la croix ; les cabinets d’estampes, de