MUSÉES.
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artistiques, scientifiques ou industrielles, qui s’embrassent d’un seul coupd’œil. Peu de spectacles sont aussi imposants, et touchent davantage lesesprits éclairés. Mais il faut reconnaître que ces vastes enceintes, qui parlentsi haut à l’imagination, ne sont pas très-favorables aux études sérieuses età une complète appréciation des objets, exposés.
Distraite par l’ensemble, l’attention se fixe difficilement sur les détails.Puis il est nécessaire d’observer un certain rapport entre les dimensionsdes objets et celles du local qui les renferme, surtout lorsqu’il s’agit d’œu-vres d’art, telles que des statues ou des tableaux. Qu’un grand tableau soitplacé dans une salle trop petite : faute de pouvoir se mettre à distanceconvenable, on le voit mal; on n’en peut pas juger les harmonies, lesformes paraissent trop heurtées, et les dimensions, exagérées. Est-ce une dis-position inverse qui a été adoptée? Le tableau se perd au milieu de vastessurfaces; non-seulement il n’attire pas l’attention, mais il faut quelque effortpour la fixer sur lui, et il n’est pas apprécié comme il le serait dans unmilieu plus favorable.
Il faut éviter d’ailleurs de réunir dans une même salle des objets tropdissemblables ou manifestant des esprits trop divers. Les disparates pour-raient être choquantes, et les appréciations deviendraient encore difficiles.Que différentes écoles de peinture exposent leurs produits côte à côte, parexemple : les défauts des unes ne feront pas ressortir les qualités des autres;ce sera l’opposé : les qualités accuseront les défauts. Le tableau du coloristefera reconnaître immédiatement le côté faible de celui du dessinateur; etréciproquement. Telle œuvre qui, jugée isolément, eût excité une légitimeadmiration, nous blessera en quelques points, et se verra critiquer. Celaprovient-il d’un sentiment de malveillance, d’une disposition naturelle à lacritique, de cette faiblesse qui nous rend plus sensibles au mal qu’au bien?Ou ne faut-il pas l’attribuer plutôt à l’un des plus nobles instincts de l’homme,à cet amour désintéressé de la perfection, qui ne permet pas d’admirer oùl’on reconnaît qu’elle n’est pas?
Il semble donc que la disposition générale la plus satisfaisante pour unmusée consisterait en une série de salles, dont les dimensions seraient res-treintes et déterminées en vue du nombre et de la grandeur des objets àexposer. Chacune de ces salles serait affectée aux œuvres comparables d’unemême école, s’il s’agissait d’un musée de tableaux, ou à des productions de