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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
majeure partie du diamètre contre lequel venaient s’appuyer les gradins. Ondonnait le nom de scène à une importante construction en maçonnerie, quiétait traitée avec un grand luxe d’architecture, et formait ce que nous appe-lons aujourd’hui la toile de fond. C’était une toile de fond monumentale etpermanente. Il est probable qu’une décoration analogue était peinte sur unesurface plane, dans les théâtres en charpente (I).
La scène était percée de trois portes; celle du milieu était la porte royale,qui était réservée à l’acteur principal ; celles de côté étaient les portes desétrangers. Deux autres entrées étaient ouvertes dans les murs latéraux, àdroite et à gauche du proscenium ; on arrivait par l’une de la place publique,par l’autre de la campagne. Derrière la scène était le postscenium, où se trou-vaient les pièces dans lesquelles les acteurs s’habillaient, et celles qui étaientréservées à des dépôts de machines et de décorations. De ce côté aussi étaithabituellement un vaste portique destiné à abriter les spectateurs en cas depluie. Yitruve en fait l’objet d’une prescription formelle, et l’on en voitun sur le plan du théâtre de Marcellus .
Avant le commencement du spectacle et pendant les entr’actes, le prosce-nium était séparé de la partie de l’édifice réservée au public par un grandrideau orné de figures (auleum ou siparium), qui se baissait, au lieu de se levercomme les nôtres (2). Les décorations n’étaient pas aussi savamment établiesque celles d’aujourd’hui, et elles ne visaient nullement à l’illusion. Elles s’ap-pliquaient sur des prismes droits à base triangulaire ( versatiles ), distribuéssur les faces latérales du proscenium, au nombre de trois de chaque côté.Ces prismes tournaient sur des pivots, de manière à présenter aux spectateursle côté qui portait le genre de décoration que la pièce exigeait (3). 11 paraît
(1) Vitruve parle d’une remarquable perspective peinte par Agatarchus, pour les représentations desœuvres d’Eschyle .
(2) Sic ubi tolluntur festis aulæa theatris
* Surgere signa soient, primumque ostendere vultum,
Cætera paulatim, placidoque educta tenore
Tota patent, imoque pedes in margine ponunt. (Ovide , Met.)
(3) Il y a trois sortes de scènes : on donne le nom de tragique à la première, de comique à la secondeet de satyrique à la troisième. Leurs décorations sont très différentes : la scène tragique est décorée decolonnes, de frontons, de statues et de magnifiques ornements; la scène comique représente des habita-tions particulières avec leurs balcons et leurs fenêtres disposés comme à l’ordinaire ; la scène satyrique estornée d’arbres, de grottes, de montagnes, et de tout ce qui constitue un sol agreste. (Vitruve , liv. V.)