Band 
Deuxième partie.
Seite
438
JPEG-Download
 

438

TRAITÉ D’ARCHITECTURE.

d’eau, moins d’après des considérations hygiéniques, qu’afin de percevoirplus facilement les péages qui leur avaient été concédés, ou d’avoir desarrivages plus économiques, à des époques où la viabilité du territoire étaitbien éloignée de ce qu’elle est maintenant. Il faut sans doute une assezgrande quantité d’eau pour assurer de bonnes conditions au service d’unhôpital; mais il vaut mieux en général faire venir l’eau qu’aller la trouver.Un terrain sec est d’ailleurs à rechercher, tandis qu’il faut éviter les terrainshumides, et il n’est pas jusqu’à l’étendue et à l’agrément de la vue dont ilne convienne de se préoccuper, et qui ne militent pour la hauteur contrela plaine.

Ainsi, l’emplacement d’un hôpital doit être choisi en dehors du centre dela ville, dans un endroit où l’on soit assez élevé pour n’avoir pas à craindreles effets de l’humidité et pour être assuré du renouvellement régulierde l’air, sans être trop exposé cependant à l’action des vents; où l’onsoit à l’ahri des miasmes, où le terrain soit sec; et où il soit facile defaire arriver des eaux abondantes et de s’en débarrasser promptement. Enfinil est à désirer que les vues ne soient pas trop bornées, et apportent, s’ilse peut, quelque consolation aux misères du lieu, par le spectacle de lacampagne ou de belles plantations.

L’exposition la plus favorable pour les salles de malades, lesquelles doi-vent être éclairées sur les deux faces, a été souvent controversée; mais ilest bien reconnu aujourd’hui que c’est celle du nord et du sud. On éviteainsi les vents de l’ouest, les plus fréquents et les plus redoutables detous, et le froid d’un côté est tempéré par la chaleur de l’autre.

Les esprits se divisent également sur la question de savoir s’il convientd’avoir, dans une ville importante, un peiit nombre de grands hôpitaux ouun grand nombre de petits. Elle paraît devoir être résolue en faveur dela première de ces alternatives, par des motifs d’économie, qui ont d’autantplus d’importance en pareille matière, qu’il s’agit de sommes à employerde la manière la plus profitable aux intérêts de la classe pauvre. Ni lesfrais d’administration, ni l’étendue des batiments accessoires, ni les dépensesde la construction ne croissent en effet proportionnellement au nombre desmalades; et si la disposition est bonne, si le service est bien fait, l’agglo-mération est sans dangers.

Quelle doit être cette disposition? C’est ce que nous allons examiner, en