Band 
Deuxième partie.
Seite
452
JPEG-Download
 

452

TRAITÉ D’ARCHITECTURE.

vastes et beaucoup moins riches sans doute que ceux de Rome , quelques-uns de ces édifices étaient pourtant fort remarquables. On sait que Paris montre encore les restes de ceux de l’empereur Julien .

Les Orientaux ont conservé jusqu’à présent plusieurs des usages de Rome dans leurs établissements thermaux : Y apodyterium, le tepidarium , le sudato-ritm, le caldarium se rencontrent dans nos bains maures de l’Algérie , maissur une petite échelle, et misérables au lieu d’être luxueux. On y retrouveaussi les tradatores, qui ont pour mission de pétrir les muscles et de fairecraquer les jointures des baigneurs. L’Europe moderne a complètementrompu sous ce rapport avec les traditions de l’antiquité. Le christianismeavait dû proscrire des pratiques efféminées qui favorisaient les plus infâmesdébauches, et les bains ne se sont point encore relevés de cet arrêt. C’estjustice, s’il s’agit des abus, car c’est dans les thermes que la société romainea achevé de s’énerver et de se corrompre; mais il est regrettable, au pointde vue de l’hygiène et de la propreté, que l’abandon ait été aussi complet.Beaucoup de nos petites villes n’ont pas un seul établissement de bains, etl’on n’en trouve qu’un petit nombre dans les plus grandes, sans que le publicse plaigne de la pénurie. Ces établissements appartiennent à l’industrie pri-vée; et les bains sont à un prix trop élevé pour que les classes inférieures dela société puissent en prendre aussi souvent qu’il conviendrait.

Les nouvelles constructions ne rappellent en rien celles de l’empire romain.Elles consistent habituellement en un vestibule ou corridor plus ou moinslarge, dans lequel débouchent de très-petits cabinets renfermant chacunune baignoire, et elles sont exécutées très-légèrement; elles sont mêmequelquefois installées sur des bateaux amarrés contre un des quais de laville. On s’attache seulement à leur donner un certain cachet d’élégance, età atténuer par la gaieté de la décoration ce qu’il y a de misérable dans lefond.

Des édifices plus importants sont ceux des eaux médicinales, et quelques-unsse rapprochent en quelques points des thermes des Romains. Tels sont ces éta-blissements des bords du Rhin , plus fréquentés encore par les oisifs que parles malades, où l’on trouve, outre les bains, des galeries, des salons, des sallesde jeux, de concert ou de banquet, des théâtres, des bibliothèques, etc. Maiss’il y a quelque analogie dans, les destinations, il n’y en a point entre les édi-fices; les constructions modernes ne présentent ni l’ampleur, ni la savante