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désirons, ces formes nouvelles, caractéristiques de notre temps, qu’on demandeà notre architecture, en lui reprochant parfois si injustement de ne pas lesrevêtir, elles se présentent naturellement ici : dispositions sans précédents,matériaux jusqu’alors inusités, ces conditions essentielles de toute innovationlégitime s’imposent aux bâtiments dont il s’agit et ouvrent à l’art de nouveauxhorizons. La création des chemins de fer est un fait trop capital dans l’his-toire de l’humanité, elle est destinée à exercer une trop grande influence surnos mœurs et nos institutions, pour ne pas agir puissamment sur notre archi-tecture. Il n’est plus besoin maintenant d’invasions de barbares, de fondationsd’empires ou de mélanges de races pour renouveler les sociétés, et les formesqui en expriment les usages et l’esprit : nous avons les progrès de la scienceet de l’industrie, et eux aussi produisent de profondes révolutions, mais desrévolutions pacifiques et n’apportant que des bienfaits.
Il y a donc, sous tous les rapports, très-grande importance à attacher à cesnouvelles constructions, et surtout à celles qui, plus particulièrement destinéesau service des voyageurs, réclament cette distinction dans les formes et quelquechose de ce caractère monumental que nous demandons à tous nos édifices deréunions publiques. Elles se recommandent à toute la sollicitude de nos ar-chitectes, et elles appellent leurs plus sérieuses méditations. Aussi comptions-nous donner un grand développement à ce chapitre, faire connaître les diversesconditions des édifices de tous genres qu’il embrasse, et éclairer le sujetpar de nombreux exemples. Mais il nous a été bientôt démontré que la plu-part de ces édifices nous obligeraient à entrer dans des détails sur l’exploita-tion des chemins de fer, qui seraient trop longs et trop techniques pourun ouvrage de la nature de celui-ci, sans pouvoir d’ailleurs être assez mul-tipliés ou assez précis pour fournir toutes les données nécessaires à uneétude approfondie, et il nous a paru qu’il fallait nous abstenir et renvoyeraux traités spéciaux sur la matière le lecteur désireux d’être complètementédifié.
D’un autre côté, l’art n’a pas la marche rapide et les brusques évolutions del’industrie, de sorte que les grandes gares construites jusqu’à ce jour laissenttoutes plus ou moins à désirer, soit sous le rapport de la forme, soit souscelui de la disposition, et qu’aucune n’est en droit d’être citée comme mo-dèle. Les unes paraissent convenablement distribuées, mais ont plutôt lecaractère de constructions industrielles et provisoires que celui d’édifices
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