PHARES.
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vient de doter l’architecture, et qui a donné naissance à la plus bienfai-sante peut-être de toutes les inventions de l’époque.
XI. PHARES.
Les phares étaient établis autrefois à l’entrée des ports de mer, chaquegrande cité maritime en avait un, et c’était souvent son édifice le plus re-marquable tant par la hauteur que par le luxe et la solidité de la construction.
Le plus célèbre de tous ces monuments est celui que Ptolémée Phila-delphe fit élever dans l’île de Pharos, à l’entrée du port d'Alexandrie . Ilpassait pour une des sept merveilles du monde. Pendant longtemps il a étéconsidéré comme un modèle, et il a transmis, à tous les édifices du mêmegenre, le nom qu’il avait emprunté à sa position ou que peut-être il lui avaitdonné, car plirah, en égyptien, signifie soleil. Malheureusement il n’en resteque d’insignifiants vestiges, et les documents que nous fournissent à son sujetles historiens et les géographes sont, quoique assez nombreux, insuffisantspour nous en faire connaître les dispositions, et nous permettre de le restitueravec quelque chance de succès. Ce qu’il y a de certain, c’est que cette tourétait très-élevée, qu’elle était de forme carrée, et qu’elle présentait plusieursretraites sur sa hauteur. Édrisi , géographe arabe du commencement duxii c siècle, dit qu’elle avait, de son temps, 500 coudées ou 100 brasses dehauteur, dont 96 jusqu’à la lanterne et 4 pour la hauteur de cette lanterne;que, depuis le sol jusqu’à la galerie du milieu, on comptait exactementT0 brasses, et qu’à partir de cette galerie, le phare s’élevait jusqu’à sonsommet en se rétrécissant de plus en plus, de telle sorte qu’on pouvait cir-culer autour à différentes hauteurs. Le même écrivain rapporte que la con-struction était exécutée en excellentes pierres scellées les unes aux autresavec du plomb fondu, de manière à former une masse indestructible, et quele feu était visible à 100 milles de distance. Ce dernier chiffre est évidemmentinexact, car la hauteur assignée à la tour n’aurait pas donné, à beaucoupprès, une portée aussi considérable; mais il prouve du moins que la lumières’apercevait à une très-grande distance de la côte.
On sait que l’architecte de ce monument, Sostrate de Gnide, y avait faitgraver l’inscription suivante: Sostrate de Gnide , fils de Dexip lianes, aux Dieux