TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
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sauveurs pour ceux qui sont sur mer. D’après Lucien, il aurait eu soin de ca-cher ces mots par un enduit sur lequel il écrivit le nom de Ptolémée , comptantsur l’action du temps pour faire reparaître le sien. Pline, au contraire, louele souverain de l’honneur accordé à l’artiste. Quant à nous, s’il fallait seprononcer sur cette question, assez indifférente du reste, nous serions dis-posé à nous ranger à la première de ces versions, à cause de la teneur del’inscription, laquelle attribue à Sostrate plus qu’il ne lui revenait. Ptolémée n’eût pas admis, et avec raison, que l’architecte se présentât comme le con-sécrateur.
Denis de Byzance parle d’un phare qui était placé à l’embouchure duChrysorrhoas, dans le Bosphore de Thrace , et il ajoute que les habitants dupays allumaient d’autres feux sur divers points de la côte pour tromper lesnavigateurs. Ces criminelles tentatives se sont reproduites en d’autres lieuxet à des époques beaucoup plus rapprochées de nous; mais, grâce aux pro-grès de la civilisation, elles ne déshonorent plus notre pays.
On voyait encore, dans le xvif siècle, sur les côtes de France , près deBoulogne , un phare de construction romaine qui était probablement celuique Caïus Caligula fit élever, au dire de Suétone , lors de son expédition dansles Gaules . Montfaucon rapporte qu’il s’écroula en -1644 par suite de l’ébou-lement de la falaise sur laquelle il était situé, et il en donne un dessin quilui avait été transmis par un religieux de l’ordre de Saint-Dominique . Leplan de cette tour était de forme octogonale, et elle était composée de douzeétages élevés en retraite les uns sur les autres et terminés chacun par unecorniche, de telle sorte qu’à chaque étage, on pouvait circuler autourde l’édifice sur une petite plate-forme de 0 m ,50 de largeur à peu près, maissans garde-corps. Chacun des côtés de l’octogone de la base avait environ8 mètres de longueur. Quant à la hauteur, sur laquelle on n’a aucune donnéeprécise, on pourrait l’évaluer à près de 60 mètres, s’il était permis de s’enrapporter au dessin de Montfaucon. La construction était exécutée parassises variées, disposées suivant un certain ordre : à trois rangs de pierregrise de Boulogne succédaient deux rangs d’une pierre jaune plus tendre,puis deux lits de grandes briques d’un rouge foncé; on retrouvait alors lapierre grise et ainsi de suite. Ce phare paraît avoir été restauré par Charle-magne , qui fit rallumer le feu qu’avaient négligé ses barbares prédéces-seurs; mais il fut abandonné depuis, on ignore à quelle époque.